Envie d'agir
Série de 150 épisodes de 1 minute
L'engagement avec le site "Envie d'agir" en E.C.J.S.

C'est en novembre 2002 que Luc Ferry a annoncé son intention de mettre en place un nouveau dispositif visant à favoriser l'engagement des jeunes dans la Cité. Il est ainsi justifié : "La nouvelle configuration du ministère, qui associe la jeunesse et l'éducation, permet désormais d'envisager globalement l'éducation des jeunes et incite à rechercher une meilleure synergie entre les programmes d'enseignement et des démarches éducatives distinctes, plus ouvertes sur la vie sociale et l'engagement. Beaucoup de jeunes souhaitent se mobiliser, s'engager dans des projets qui ont un sens et une utilité pour les autres et peuvent par là même enrichir leur propre expérience et leur sens des responsabilités. Mais, dans bien des cas, ils peinent à trouver les informations nécessaires et les relais efficaces pour réaliser ces aspirations. C'est pourquoi, le ministre regroupant désormais sous son autorité les départements de la jeunesse et de l'éducation nationale a souhaité prendre des initiatives susceptibles de soutenir et d'accompagner les jeunes dans leur désir de s'engager".

Mise en place par le gouvernement précédant, l'éducation civique, juridique et sociale (ECJS) s'est fixée dès son démarrage le double objectif d'être un enseignement facilitant l'intégration du jeune dans la société et un lieu de discussion et d'action en ce sens.

Ainsi le B.O. du 29 août 2002 justifie l'enseignement d'ECJS en rappelant qu'on "ne naît pas citoyen mais qu'on le devient, qu'il ne s'agit pas d'un état, mais d'une conquête permanente ; le citoyen est celui qui est capable d'intervenir dans la cité : cela suppose formation d'une opinion raisonnée, aptitude à l'exprimer, acceptation du débat public. La citoyenneté est alors la capacité construite à intervenir, ou même simplement à oser intervenir dans la cité".

A l'occasion d'un séminaire national, René Révol définissait ainsi l'ECJS : "La citoyenneté aujourd'hui se conquiert par son action dans la vie sociale et ne se contente plus d'être apprise passivement... Nous pédagogues ne pouvons plus nous contenter d'affirmer "voilà notre conception du civisme, c'est à prendre ou à laisser". Or il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui ces jeunes atteignent la majorité civile et ont accès aux droits politiques alors qu'ils sont encore sur les bancs de l'école. Il nous faut concevoir un enseignement vivant pour que ces jeunes citoyens s'approprient les valeurs qui fondent la vie en communauté".

Une formule à rapprocher des intentions ministérielles à propos de l'engagement : "Faciliter l'engagement des jeunes, c'est en effet leur permettre de s'investir dans des actions utiles à la collectivité, de développer leurs talents, ou de participer à la vie de la cité.
Quatre domaines retiennent ainsi plus particulièrement l'attention :
- humanitaire et de solidarité ;
- culturel, artistique et sportif ;
- civique ;
- économique
".

Cette conception de l'ECJS appelle donc à l'engagement des jeunes, même si, d'une part l'outil de base de l'enseignement d'ECJS doit rester le débat et non l'action pure et d'autre part l'objectif de l'ECJS reste l'intégration dans la Cité et non le développement de l'estime de soi.

De nombreux points du programme d'ECJS renvoient directement aux problématiques de l'engagement. En voici un exemple.

En seconde
Le programme d'ECJS débute par le thème "Citoyenneté et civilité". Les instructions rappellent que "la vie quotidienne dans la cité fournit des occasions de réflexion sur la nécessaire civilité des rapports humains en tant que première condition de l'exercice de la citoyenneté. On peut le montrer à partir de l'étude de manifestations d'incivilité ; on peut aussi utiliser différents faits de la vie sociale. La citoyenneté ne se réduit pas à la simple civilité. Elle implique la participation à une communauté politique".

Aussi est-il possible d'ancrer la civilité dans la ville, entité politique de base de la vie du jeune ?

Dans un premier temps, on pourra définir le cadre géographique de la recherche et montrer l'intérêt de l'action locale. On définira aussi quelques axes précis : des associations qui luttent contre l'exclusion, pratiquent la solidarité internationale, développent la démocratie locale ou défendent les droits de l'Homme par exemple. On peut s'appuyer sur les revendications et les centres d'intérêt des jeunes : besoins insatisfaits, situations locales à problème etc.

Dans un deuxième temps, les élèves utiliseront le site enviedagir pour trouver des exemples d'associations qui agissent dans leur ville sur le thème retenu par les élèves.

Il y a plusieurs façons de procéder :

- aller tout de suite dans la partie "recherche" et préciser les thèmes recherchés
- passer par la partie "mon projet"
- une troisième voie semble plus prometteuse : utiliser la partie "j'agis dans ma ville".

En effet celle-ci donne accès à de très nombreux témoignages : ainsi Pierre Ozenne qui obtient à Strasbourg la desserte par autobus d'un équipement prisé des jeunes ou Apolline qui combat pour sauver son club de voile. Elle donne des exemples d'actions concrètes sur le terrain et des rendez-vous pour s'intégrer à des actions en cours.
- Dans tous les cas, un moteur de recherche permet de trouver des exemples d'organismes (associations par exemple) agissant dans son département. Malheureusement il faudra ensuite faire un tri pour dégager ce qui concerne sa propre commune.

On peut ainsi demander aux élèves de présenter une association dont l'action leur semble particulièrement intéressante sur le terrain local pour le thème précis qui leur tient à coeur en n'oubliant pas de donner ses coordonnées.

Dans un troisième temps, les élèves pourront présenter leurs recherches ou, c'est plus prometteur, solliciter l'intervention d'une ou plusieurs associations locales trouvées dans la base de données (en veillant à limiter le nombre des intervenants). Il conviendra de définir précisément le sens de l'intervention : on l'axera sur une problématique dégagée en début de séquence. Il faudra alors veiller à ce que le rôle de l'association, sa vie interne (et la nécessité d'un engagement personnel) apparaissent.

Dans un quatrième temps, on pourra ouvrir le débat en demandant aux élèves de réfléchir sur les moyens d'action du citoyen : le bulletin de vote suffit-il ? L'isolement et le repli sont-ils payants ? Sinon, quelles valeurs permettent le développement d'une citoyenneté active.

D'autres prolongements sont envisageables : rôle des élus, responsabilités du tissu associatif, dangers du communautarisme etc.

Auteur : Rémi Pierre, Professeur d'histoire-géographie pour Le Café Pédagogique