LES SCÉNARIOS DE L'ART

Scénographie du paysage
Conseillé pour les enseignants de collège et lycée / Lettres et arts plastiques ; Terminale / Philosophie
Documentaire de 26 minutes

Réalisé par Pascale Bouhénic (2002), coproduit par France 5, Les Films du tambour de soie, la RMN, le musée d'Orsay, le musée du Louvre et le Centre Georges-Pompidou.

Après La scénographie de la ville, la série nous propose celle du paysage, ici entendu comme paysage naturel, ou campagnard, puisque la ville est aussi bien l'objet de paysages (urbains). Du paysage (naturel) représenté comme décor de la peinture, de la photographie, du cinéma, à celui transformé dans sa matière même par le land art, en passant par le paysage objet d'une expérience esthétique qui ne le contemple plus mais en fait proprement l'objet d'un contact physique fusionnel (Sam Francis), Pascale Bouhénic chemine dans ce genre visuel. Il s'agit d'en tracer la genèse et d'en décliner les variantes, toujours liées à l'histoire des mentalités, au rapport de l'homme à la nature et au beau.

La critique

Qualité de réalisation : **
L'iconographie est pertinente et toujours authentifiée précisément.

Informations pour l'enseignant : ***
Un parcours intellectuel intéressant dans un sujet extrêmement vaste.

Correspondances avec les programmes scolaires : **
Le paysage est un objet très interdisciplinaire (littérature, géographie, arts plastiques).

Attractivité pour un jeune public : **
Le propos est clair, même si le plan peut rester énigmatique.


Les conditions du paysage

Partir des représentations communes du paysage (pittoresque, grandiose, sublime, campagnard...) pour élaborer une définition du mot. Commenter celle de Pierre Sansot : "un morceau d'espace légitimé par une culture". En somme le paysage n'existe pas en soi. Il est une invention. On a pu dire que le paysage est un pays sage, pourquoi ? On peut aussi penser que le paysage est le visage d'un pays. Étudier les exemples de métamorphoses paysage/visage offert par le film.

Retrouver l'origine historique du mot (1549) désignant un tableau de vue champêtre, ou d'un jardin. Le mot désigne donc d'abord le pictural, sa médiation, avant de désigner le "naturel". Pourquoi le paysage est-il une "invention" des peuples du Nord (raisons économiques, politiques, religieuses, esthétiques) ? Pourquoi aussi fut-il le plus bas des genres picturaux dans la hiérarchie académique des genres ?

Étudier l'extension du mot paysage à "paysage politique", "paysage sonore", "paysage audiovisuel", "paysage intérieur", "bureaux paysagers".

Relever les quelques scènes d'Annonciation et analyser la fonction symbolique, religieuse et esthétique des paysages qui sont présents : jardin du Cantique des Cantiques, paysage édénique de la chute, clôture de la virginité de Marie, mise en scène de l'espace.

Choisir les tableaux montrant de personnages de dos contemplant des paysages (Watteau, Kaspar David Friedrich avec La Femme à la fenêtre et Le Promeneur au-dessus d'une mer de nuages) pour faire comprendre la nature de la relation spectateur/personnage, et le fait que le paysage nous semble toujours s'offrir à nous "de face". Jean-Luc Godard se demandait pourquoi on ne pouvait pas filmer les paysages de dos.

Analyser les quelques plans de l'extrait de La Chevauchée fantastique de John Ford, avec les paramètres horizontalité/verticalité, hauteur de l'horizon, relation personnages/paysage, composition en diagonale. Remarquer le "paysage sonore" de la musique du film. En comparant avec quelques autres extraits de westerns, dégager une géographie du western, avec ses paysages "naturels" et ses paysages urbains. On peut aussi mettre en parallèle le début de Paris Texas de Wim Wenders.

Pour en savoir plus

  • "Le paysage, décor ou enjeu ?" TDC, n°738, 15 juin 1997. Voir la notice.

  • ROGER Alain, Court Traité du paysage, Gallimard, coll. "Bibliothèque des sciences humaines", 1997.

  • LEUTRAT Jean-Louis, Le Western, Armand Colin, 1973.