chefs-d'œuvre de la collection Khalili
Institut du monde Arabe
Amulettes
Inde, Hyderabad (?), Deccan, fin du XVIIIe siècle ou début du XIXe siècle
Or sur âme en gomme-laque, rubis, émeraudes et diamants montés sur paillon en or avec la technique kundan, bordure de perles
© Nour Foundation. Avec l'aimable autorisation de Khalili Family Trust
Depuis la nuit des temps, les hommes ont cherché, à titre individuel ou collectif, à se protéger contre les aléas de la vie. Croire en un Dieu unique n’empêche pas de porter sur soi des amulettes et des talismans (objets avec des inscriptions) afin de rester en bonne santé, voyager sans accident ou encore ne pas se faire tuer sur le champ de bataille. C’est ainsi que pour les musulmans, certains versets ou des chapitres entiers – les sourates – du Coran ont une valeur protectrice particulière. Des corans étaient copiés soit sur des bandes de papier de plusieurs mètres de long, ensuite roulées et mises dans un étui, soit sur un cahier d’à peine 5 centimètres de côté : on les portait à la ceinture ou même attachés au turban. Sous leurs armures, les soldats revêtaient une chemise talismanique, coupée dans une pièce de coton et couverte de formules pieuses et magiques. . Pour éloigner le mauvais œil, la main ouverte protectrice, antérieure à l’islam, est connue sous le nom de main de Fâtima, la fille du Prophète, a servi de modèle pour façonner des bijoux ; on la plaçait également au sommet des étendards qui guidaient les armées.
Des savants ont même rédigé des traités donnant des explications pour fabriquer ces amulettes et talismans mais aussi élaborer des carrés magiques avec des suites de nombres. Afin d’éviter que les princes ne soient empoisonnés en mangeant ou en buvant, on leur a fabriqué des coupes et des bols, en métal et en céramique, avec des inscriptions mêlant versets du Coran, prières contre les démons (les fameux djinns des contes arabes) et des diagrammes avec des chiffres et des lettres.