chefs-d'œuvre de la collection Khalili
Institut du monde Arabe
Aiguière
Iran, Khurasân, fin du XIIe ou début du XIIIe
Alliage quaternaire de cuivre, feuille de métal martelée, décor gravé et incrustations d’argent, anse coulée et rapportée
© Nour Foundation. Avec l'aimable autorisation de Khalili Family Trust
Quand on parcourt les collections d’art islamique, dans les musées ou celles des particuliers, on est frappé par la nature des pièces qui les constituent. Une majorité est en rapport avec les plaisirs du boire et du manger, même si certains interdits religieux frappent telle boisson fermentée ou telle chair animale. Souvent, ces pièces appartiennent également à ce que l’on appelle « les arts de cour », c’est-à-dire qu’elles ont été exécutées pour des princes et leur entourage et se distinguent par une grande qualité de fabrication.
Les artisans musulmans ont excellé dans les arts du feu : le verre, le métal – généralement un alliage de cuivre rehaussé d’incrustations d’or et d’argent – et la céramique sont diversement employés pour façonner des plats, écuelles, bols et présentoirs à épices ou à friandises ; des pots à eau, bouteilles, aiguières et verseuses.
Le décor, qui fait des plus belles pièces de véritables chefs-d’œuvre, recourt aussi bien à la calligraphie, avec des bons vœux à leur propriétaire, qu’à des scènes de banquets réunissant convives, musiciens et danseurs. Autant d’images des plaisirs de la vie qui annoncent ceux du Paradis.
À cet inventaire, il convient d’ajouter les bassins pour se laver les mains – avant et après le repas – et les aspersoirs d’eaux parfumées – rose ou fleur d’oranger – utilisés en signe de bienvenue.
La technique de l’incrustation d’or et d’argent prend un véritable essor en Syrie pendant la période des croisades (XIe-XIIe), sous l’impulsion des graveurs et incrusteurs de Mossoul (Irak). Une iconographie de scènes de cour couvre plateaux, bassins, aiguières, chandeliers…