| La laïcité (1905) |
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Un documentaire d'une série réalisée par Bernard George (1996), coproduite par La Cinquième et Cinétévé.
Consultez les horaires de diffusion de ce programme en cliquant ici. Le résuméPremier volet de la série Les Grandes Batailles de la République, ce documentaire débute avec les suaves accents d'un cantique à Marie, vite noyés sous le bruit et la fureur qui secouent l'église Sainte-Clotilde à Paris, le 1er février 1906. La résistance à l'inventaire des biens d'Église par les agents de l'État y atteignit des sommets. Plans suivants : la dévote communion en public de notre actuel couple présidentiel sous la houlette de Mgr Lustiger lors des obsèques de François Mitterrand à Notre-Dame. Ce qui achève de nous mettre en état d'aborder le fond du problème : l'État doit-il ou non favoriser les Églises ? Une Église doit-elle s'occuper des affaires publiques ? Le débat français entre cléricalisme et laïcité est montré dans son enchaînement chronologique, en six parties, clairement annoncées par des titres, pour une période allant de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe. Celle intitulée "La Révolution" revient sur l'affrontement entre Église et hommes du monde nouveau, puis nous entraîne rapidement jusqu'à la fin des années 1880. Suit "L'affaire Dreyfus", brève mais intéressante, car elle rappelle la composante religieuse de l'antisémitisme. "L'État contre l'Église", avec l'évocation du petit père Combes et des pourfendeurs du cléricalisme conduit à la "Séparation", autre longue partie analysant l'enjeu, les principes de base et la construction de la fameuse loi avec les commentaires percutants des tenants des deux bords. "L'Église contre l'État" permet de retrouver le paroxysme de l'empoignade à propos des inventaires, et "L'apaisement" révèle que l'Union sacrée de la première guerre mondiale a été un moteur de réconciliation. Le fil de l'histoire est abandonné là - dommage que le régime de Vichy n'ait pas été évoqué - mais une ultime partie "Aujourd'hui" montre que le feu couve encore, prêt à repartir : à propos de l'école dite "libre", d'une jeune musulmane en foulard, d'un président de la République communiant dans l'exercice de ses fonctions. Certes il n'y a plus beaucoup d'extrémistes et les paroissiens de Saint-Nicolas-du-Chardonnet n'ont rien d'attirant, mais la conclusion sur la guerre bien finie entre l'État français et le catholicisme peut ne pas rassurer entièrement sur le respect intégral de la laïcité dans la France de demain. L'actuel débat autour de la loi sur le port des signes religieux à l'école en fait... foi. Le propos des auteurs étant d'intéresser jeunes et moins jeunes à un sujet qui pouvait paraître abstrait ou compliqué, ils ont fait feu de tout bois pour retenir l'attention. Toute la panoplie des documents visuels est là : gravures, caricatures, images d'Épinal, photos, films. Les documents écrits, projetés ou lus par le comédien Pierre Arditi sont également variés. Le commentaire, qui semble lu par les auteurs, est clair et complet en général. Quatre grands témoins spécialistes apportent leur angle de vue : Michel Charasse, celui du républicain ; le cardinal Poupard, celui du Vatican ; le jésuite Henri Madelin, celui de l'Église moderne et libérale ; enfin Marceau Long, qui présida le Conseil d'État, rappelle le droit. Ghislaine Vanesse, professeur d'histoire et de géographie (d'après Téléscope, n° 132, 25 mai 1996) pour Télédoc, CNDP |
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