Division externe de la pièce en parties d'importance sensiblement égale, en fonction du déroulement de l'action. Traditionnellement, une pièce se divise en trois ou cinq actes, eux-mêmes découpés en scènes.
Répétition, dans une suite de mots (exemple : dans un vers), d'une ou de plusieurs consonnes initiales ou intérieures.
Personnage en opposition ou en conflit.
Réplique prononcée par un personnage à l'insu d'un autre, pour lui-même ou à l'intention du public.
Cohérence de l'?uvre dramatique, des caractères notamment. C'est au nom de la bienséance interne que Chapelain (1595-1674, un des fondateurs de l'Académie française) critique l'attitude de Chimène.
Action scénique qui provoque le rire par la situation des personnages ou par la description des m?urs et des caractères, et dont le dénouement est heureux.
Renversement de l'action qui l'achève en précipitant le péril (catastrophe dans la tragédie à fin malheureuse), en l'écartant (tragédie à fin heureuse). Pour Corneille, le dénouement tragique ou comique doit être concentré le plus possible dans la scène ultime afin de maintenir jusqu'au bout l'attention du spectateur : il doit avoir été préparé dès l'exposition et tout au long de l'action.
Indication scénique (souvent mise en italiques) qui est donnée par l'auteur, et qui peut concerner les entrées ou sorties des personnages, le ton d'une réplique, les gestes à accomplir, etc. Le texte théâtral se compose de deux éléments: les didascalies et les dialogues.
1) Qui s'est illustré par de hauts faits d'armes.
2) "Principal acteur", c'est-à-dire personnage principal autour duquel l'action est construite.
3) Héros tragique : " médiocre " au sens étymologique, c'est-à-dire ni parfaitement vertueux, ni absolument méchant, mais tombé dans le malheur par faute, erreur ou faiblesse.
4) Le héros classique peut être cependant absolument vertueux, parce qu'il est ainsi plus susceptible de toucher le spectateur. La " générosité " est sa marque éthique codifiée (comme qualité native et morale à la fois). Chez Corneille, le héros se trouve souvent à la fois innocent et coupable : Rodrigue, Suréna par exemple).
Ensemble des moyens d'interprétation scénique (scénographie, musique, jeu...); activité qui consiste à agencer ces moyens. Articulation entre le travail d'un maître d'oeuvre et celui de chacun des artistes qui concourent à l'oeuvre; transposition d'une écriture dramatique en écriture scénique.
Discours rapporté dans sa forme originale, sans terme de liaison, après un verbe de parole.
Scène parlée, discours adressé à soi-même ou à un auditoire dont on n'attend pas de réponse. Dans l'analyse du discours théâtral, il est considéré comme une variété du dialogue.
L'essentiel de la pièce, où le personnage est en proie au péril. Une péripétie à la fois surprenante et nécessaire modifie brutalement le cours de l'action et amène le dénouement.
Procédé dramatique essentiel, ressort du comique comme du pathétique, permet divers coups de théâtre et fonde les reconnaissances (agnitions) typiques du dénouement.
" Genre dramatique sérieux " moderne et irrégulier (env. 1580-1640), qui met en scène des personnages de haut rang confrontés à un péril auquel ils échappent toujours. Ce péril est presque toujours de nature amoureuse et privée et souvent inspiré par les romans " modernes " (Orlando Furioso). Déguisements, enlèvements, poursuites, tempêtes et batailles marquent une action pleine de rebondissements dans un espace multiple. Le genre domine absolument la scène française entre 1628 et 1634. Le Cid, " tragi-comédie ", est rebaptisé " tragédie " en 1648, après que la victoire des " réguliers " a empêché la tragi-comédie de s'élever au sommet de la hiérarchie des genres dramatiques.
Unité la plus courte de la pièce. En général, on change de scène lorsqu'un ou plusieurs personnages entrent ou sortent.
Longue suite de phrases, de vers, récitée sans interruption par un personnage de théâtre.
En 1630, Jean Chapelain justifie cette première règle (Lettre sur la règle des vingt-quatre heures). Il s'agit, pour assurer la vraisemblance, de réduire l'écart entre la durée supposée de l'action et celle de la représentation (entractes compris). Cette règle oblige aussi à concentrer l'action représentée au moment de la crise. Des récits rétrospectifs peuvent alors éclairer le spectateur sur les événements qui ont précédé le début de la pièce ou qui ont pris place pendant les entractes. L'unité de temps impose enfin la liaison des scènes, afin que l'espace scénique ne soit jamais laissé vide.
Sa définition suit les mêmes principes que celle de l'unité de temps, à laquelle elle est liée : elle vise à réduire l'écart entre la multiplicité de lieux d'action parfois très éloignés les uns des autres et l'unicité du lieu de représentation qui est la scène. Plus lente à s'imposer (en raison aussi des scènes en " compartiments "), elle paraît à beaucoup moins nécessaire que l'unité de temps (c'est par elle, significativement, que Hugo attaquera l'édifice classique, la Préface de Cromwell, 1827). Le risque non négligeable de voir cette unité de lieu fabriquer de l'invraisemblance conduit à faire de la scène un lieu de plus en plus composite, neutre ou indéterminé : ville, antichambre, " palais à volonté ".
Plus complexe, elle s'impose plus difficilement en raison du succès de la tragi-comédie, fondée sur les personnages multiples et les rebondissements nombreux. Corneille définit l'unité d'action dans la tragédie par l'unité de péril (qui jette le héros dans l'action). Voir Discours des trois unités.