JEUNESSE
CALLIGRAPHIE
ENLUMINURE MINIATURE
ENSEIGNANTS
HISTORIQUE

Historique

La calligraphie concourt à l'identité du monde arabo-musulman dans l'espace et dans le temps. Elle se développe dès les tous premiers siècles de l'islam car l'écriture arabe sert à reproduire tout à la fois le texte sacré du Coran et les édits princiers. Cet alphabet est transcrit les langues arabe, persane et turque.

Le calligraphe, le peintre et l'enlumineur travaillent ensemble à la réalisation des manuscrits. Le premier utilise le qaJam, un roseau taillé en biseau, tandis que les seconds travaillent avec un pinceau, des pigments dilués dans l'eau et de l'or pour enrichir les titres et les débuts de chapitres ainsi que les marges des pages. Certains manuscrits s'ouvrent d'ailleurs par de véritables pages-tapis, enluminées sans quasiment de calligraphie.

Si le Coran et les textes religieux, sauf certaines Vies du Prophète, à partir du XVle siècle produites en Iran et en Turquie, sont strictement sans images, il n'en va pas de même dans les manuscrits profanes. On croit, souvent à tort, que l'islam interdit la représentation figurée d'êtres vivants ; les versets du Coran ne font que mettre en garde contre une dérive idolâtre. Cependant, des interprétations ont conduit à une attitude plus rigoriste qui a eu pour conséquence le développement d'une esthétique dont le but n'était pas de copier la nature.

En effet, le peintre ne cherche pas à faire le portrait d'un individu avec ses traits particuliers; il s'attache davantage à des catégories de personnages peints sans modelé et placés dans un espace arbitraire à deux dimensions, sans ombre et sans perspective, dans une palette de couleurs généralement vives. Ces caractères sont communs aux illustrations des manuscrits scientifiques et des œuvres littéraires : poésie, contes et épopées. À partir du XVle siècle, notamment dans les ateliers des empereurs moghols en Inde et sous l'influence des gravures européennes, apparaissent un souci de naturalisme et un art du portrait.