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| JEUNESSE |
INTERVIEW |
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Journaliste, critique musical à
Radio Nova, spécialiste des musiques du Maghreb et du Proche-Orient,
Rabah Mezouane signe de nombreuses préfaces de disques (pour
Khaled, Rachid Taha, Mami, Idir, Warda…). Comme journaliste-réalisateur,
il est l'auteur de nombreux reportages pour l’émission
"Megamix" et co-auteur du documentaire "Cheb Mami le
môme", diffusés sur Arte, il est également
chargé de la programmation musicale à l'Institut du monde
arabe. |
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Comment se repérer dans la diversité des musiques
traditionnelles algériennes ?
Rabah Mezouane : Effectivement, il y a une palette musicale très
riche en Algérie. Si aucun genre ne domine, quatre styles ont pu émerger
hors de leurs frontières régionales : le raï oranais, la
chanson kabyle, le chaâbi algérois et les trois écoles
andalouses ( la constantinoise, l’algéroise et la tlemcenienne)
Quel parcours musical pourrait être recommandé pour
une initiation à ces musiques ?
R. M. : Diverses compilations existent chez les disquaires. A côté
de certaines qui sont consacrées exclusivement à un genre (raï,
chant kabyle...), il en est, à l'enseigne de L'Algérie en
musiques (éd. Créon Music/Virgin), qui proposent un panorama
de presque tous les styles.
Cheb Mami, Khaled, plus récemment Souad Massi rencontrent
un certain succès sur les scènes françaises... Quelles
sont les étoiles montantes d’aujourd’hui en Algérie
?
R. M. : On l’oublie, mais bien avant les Mami, Khaled et autre
Souad Massi, il y a eu des artistes tels Idir (auteur, en 1973, d'A Vava
Inouva, premier tube international maghrébin, double disque d'or
en 2000 avec Identités), Djamel Allam ou Djurdjura qui attiraient
un public autre que communautaire. Je fais de nouvelles découvertes
constamment. De nouveaux talents ont émergé ces dernières
années. Certains se sont aventurés dans un genre comme le hip
hop, tel le groupe Double Kanon qui ose, par exemple, aborder des sujets tabous
comme la drogue ou la prison. J’apprécie aussi le chanteur Cheb
Khaldoun ; Si Moh, chanteur kabyle ; Djamel laroussi… parmi tant d’autres.
Comment fonctionne l'industrie musicale en Algérie ?
Comment sont découverts les talents ?
R. M. : La chance de l'Algérie est d'avoir
pu assurer un développement musical fort grâce à une multitude
de maisons de disques mais aussi à des studios d'enregistrement implantés
dans les villes principales. Les jeunes talents sont révélés
à l’occasion de fêtes de mariage ou de tours de chant dans
des cabarets. Là, ils sont susceptibles d’être repérés
par des producteurs. Sinon, comme en France, ils présentent leurs maquettes
aux maisons de production. Ce sont des histoires de rencontres et de coups
de cœur.
Propos recueillis par Laetitia Sellam
Pour en savoir plus :
Exposition itinérante de l'IMA, La
musique arabe dans tous ses éclats