
Apparu dans l'antiquité, l'esclavage a parcouru les siècles et est aujourd'hui toujours d'actualité.
Quelle est son histoire ?
Quelles sont ses évolutions et où en est la marche vers la reconnaissance dans notre pays ? C'est ce que vous découvrirez tout au long de ce dossier, composé d'une synthèse sur le sujet et d'une sélection de plusieurs dizaines de vidéos sur le sujet.
Enfin Christiane Taubira, députée de la Guyane et auteure de la loi Taubira, vous racontera dans une interview exclusive son combat pour la reconnaissance de l'esclavage.
Le 23 mai 1998, la marche parisienne commémorant le 150e anniversaire de l'abolition de l'esclavage est un succès. En 2008, l'AGHFA affiche devant la basilique Saint-Denis les noms de famille donnés aux anciens esclaves de Guadeloupe en 1848. Le 21 mai 2001, la loi Taubira inscrit la reconnaissance de la traite et de l'esclavage comme crime contre l'humanité dans l'histoire de la République.
Pour célébrer le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, des élèves du collège Henri Dunant d'Evreux ont réalisé une exposition sur la question des Droits de l'homme. Cette exposition fut accompagnée d'une chanson intitulée « J'ai fait un rêve », en hommage au célèbre discours de Martin Luther King ainsi qu'aux combats de René Cassin et de Victor Schoelcher.
En métropole, l'histoire de l'esclavage fait l'objet d'un refoulement. En revanche, les commémorations sont fréquentes en Outre-mer. Serait-il impossible d'assumer la violence esclavagiste ? Stéphane et ses amis déplorent que l'esclavage reste un sujet tabou qui ne bénéficie pas d'un travail de mémoire analogue à celui dont, par exemple, la Shoah fait l'objet.
Port négrier d'abord, port colonial entre l'Afrique et les Antilles ensuite, Bordeaux est un symbole de l'esclavagisme français. Civilisation raffinée établie sur la violence et le trafic d'hommes, le siècle des Lumières s'est accommodé de cette négation de l'humain. Sur les quais à présent déserts, demeure un navire de guerre transformé en musée : le Colbert, du nom du promulgateur du Code Noir.
Une jeune lycéenne participe, dans son établissement, à un spectacle sur la cour du Roi-Soleil. Elle explique que la couleur de sa peau la conduite à s'intéresser plus particulièrement à un aspect de notre histoire, l'esclavage, qui a pu concerner sa famille. Métisse, la jeune fille se sent à la fois blanche et noire, sans préférence.
Issu du documentaire Victor Schoelcher, un homme contre l'esclavage, cet extrait évoque comment est né l'esclavage. Les grecs et les romains pratiquent le commerce des noirs dès l'Antiquité. Mais la traite des Noirs a été véritablement inventée au VIIe siècle de notre ère, avec la conquête arabe. Au 16e siècle, les Européens viennent chercher de la main d'œuvre en Afrique pour exploiter leurs richesses.
Cet extrait du documentaire Routes de l'esclave : une vision globale produit par l'Unesco revient sur les origines de l'esclavage. Le mot esclave vient de « slave », peuple réduit en esclavage au Moyen Âge. Or, lorsqu'on parle d'esclavage aujourd'hui on pense d'abord aux Africains réduits à l'esclavage dans les confis du désert du Sahara, autour la Mer Rouge et dans les océans Indiens et Atlantique.
Cet extrait du documentaire Routes de l'esclave : une vision globale explique que la traite des esclaves ne représente pas la 1re migration africaine. La première diaspora africaine n'est liée à l'esclavage. L'Afrique est le berceau de l'humanité ; des millions d'africains sont partis peupler l'Europe et l'Asie. Le déplacement d'esclaves débuta il y a 1500 ans avec la traite vers le Maghreb ou vers l'Égypte.
Une grande partie de l'esclavage transatlantique prit la forme d'un commerce triangulaire : les marchandises fabriquées en Europe étaient apportées en Afrique pour y être échangées contre des esclaves ; lesquels étaient conduits aux Amériques pour y produire des matières premières expédiées en Europe. Tandis que l'Europe voyait ses richesses doublées, l'Afrique se vidait de sa population.
Cet extrait du documentaire Routes de l'esclave : une vision globale aborde la question de la répercussion de la traite négrière en Afrique. Alors que pendant des siècles l'Europe et une partie des Amériques s'enrichirent considérablement grâce à l'esclavage, elles détruisaient dans le même temps les sociétés, économies et culture africaine. L'esclavage fut à l'origine du sous développement de l'Afrique.
Les esclaves étaient des non-personnes, considérées comme des biens meubles, privées même de leur identité. La journée de travail, de douze heures, était encore augmentée par le travail sur sa parcelle de terre. Le sort des femmes était aussi difficile. Considérées comme un ventre, les femmes n'avaient pas le droit à l'avortement. Un enfant d'esclave était en effet une marchandise gratuite pour le colon...
Cet extrait du documentaire Routes de l'esclave : une vision globale produit par l'Unesco revient la nécessité des européens, dès le XVe siècle de justifier l'esclavage. L'Église et les scientifiques s'en chargeront. La première en déclarant que les noirs étaient des « sauvages sans âme », que seul le christianisme sauverait ; les seconds en créant la notion de « race » et les hiérarchies entre les peuples.
Issu du documentaire Victor Schoelcher, un homme contre l'esclavage », cet extrait raconte les conditions de vie des esclaves pendant les traversées. Les révoltes sont fréquentes et continuent une fois à terre, dans les champs de canne à sucre. En 1685 est établi le code noir qui est un texte de loi régissant le fonctionnement de la plantation. De dures sanctions sont prévues pour les fautes commises.
Le système esclavagiste commence à se déliter dès 1830. Les esclaves désobéissent de plus en plus, les maîtres ont plus de mal à faire les sanctionner. L'esclavage n'a plus vraiment raison d'être au milieu du XIXe siècle. Les industriels et bourgeois trouvent plus intéressant et productif d'avoir une main d'œuvre libre. Victor Schoelcher apporte les grandes valeurs démocratiques de la République.
Cet extrait du documentaire Routes de l'esclave : une vision globale produit par l'Unesco, aborde l'indépendance d'Haïti, qui devint, en 1804, la 1re république noire abolitionniste. Le pays soutint par la suite les guerres d'indépendance menées par Simon Bolivar contre l'impérialisme espagnol. L'indépendance d'Haïti renforça aussi le poids des mouvements abolitionnistes, en Europe et aux Etats-Unis.
La France révolutionnaire avait été le 1er pays à abolir l'esclavage en 1794. Après cette abolition de nombreux esclaves intègrent l'armée révolutionnaire française pour lutter contre les Français et les Espagnols. Après la victoire française, Toussaint-Louverture est nommé général, puis s'impose comme gouverneur de Saint Domingue. Mais à partir de 1801, Napoléon Ier rétabli l'esclavage dans les colonies.
Cet extrait du documentaire Routes de l'esclave : une vision globale produit par l'Unesco montre les luttes des africains contre l'esclavage. L'idée selon laquelle les esclaves auraient accepté l'esclavage est fausse. Les africains ont d'abord résisté à l'intérieur du continent africain. En Angola, par exemple, la reine Nzinga mena une guerre de plus de 30 ans contre les esclavagistes portugais.
Toussaint-Louverture est né en 1743. Esclave, comme son père, il travaille sur la plantation Bréda, au nord de saint Saint Domingue. Apprenant à lire et à écrire Toussaint-Louverture est cochet puis homme de confiance de son maître, François-Antoine Baillon de Libertat, il devient commandeur, de la plantation. C'est lui qui l'affranchira en 1776. Toussaint-Louverture a alors 33 ans.
Issu du documentaire Victor Schoelcher, un homme contre l'esclavage, cet extrait évoque l'arrivée de Napoléon Bonaparte au pouvoir et sa décision de rétablir l'esclavage. L'enjeu majeur est Saint Domingue, l'île à sucre, dirigé par Toussaint Louverture, et la Guadeloupe qu'il veut récupérer. Bonaparte envoie plus de 40 000 hommes pour mater la rébellion des noirs.
Cet extrait du documentaire Routes de l'esclave : une vision globale revient sur le siècle de l'abolition de l'esclavage : de 1791 (St Domingue) à 1888 (Brésil). Les abolitionnistes n'ont utilisé qu'à la marge les arguments économiques. Pourtant, au début de la révolution industrielle, lorsque les capitaux des puissances occidentales passent des esclaves aux machines, cela accélérera le processus d'abolition.
Issu du documentaire Victor Schoelcher, un homme contre l'esclavage, cet extrait raconte l'abolition progressive de l'esclavage. Les blancs commencent à remettre en cause le système. En 1774, en Pennsylvanie, la traite des noirs est interdite. Il faudra attendre 1789 pour que l'assemblée nationale proclame les droits de l'homme et du citoyen. Pour autant l'esclavage n'est pas supprimé dans les colonies.
Cet extrait dresse le portrait de Victor Schoelcher, engagé dans le combat pour l'abolition de l'esclavage. Sa lutte commence en 1829 après un voyage d'affaires au Mexique, à Cuba et en Louisiane duquel il revient abolitionniste. Révolté par ce qu'il a vu, il publie de nombreux ouvrages sur les sociétés coloniales des Caraïbes. Durant toute sa vie, il va se battre pour arrêter cette institution inhumaine.
Début de 1848, le gouvernent provisoire proclame la Seconde République. Schoelcher revient précipitamment du Sénégal pour demander au Ministère de la marine et des colonies d'abolir l'esclavage. Arago, qui veut attendre que la nouvelle constitution soit votée, n'est pas pour une abolition immédiate mais Schoelcher va finir par le convaincre et écrit « nulle terre française ne pourra porter d'esclaves ».
Les abolitionnistes du 19e siècle trouvent un écho de plus en plus important chez les ouvriers des grandes villes. En 1848, Louis-Philippe abdique. Des républicains proclament la 2e République. Arago, abolitionniste devient ministre de la Marine et des colonies, Schœlcher sous secrétaire d'état aux colonies pour abolir l'esclavage. Retrouvez cette collection et son accompagnement sur lesite.tv
Quasiment toutes les plantations ayant existé à Saint Domingue sont aujourd'hui détruites ou laissées à l'abandon. Une de ces plantations a été rénovée et transformé en musée par Gérard Fombrun, architecte. Ce musée colonial permet de se rendre compte de ce qu'était une plantation grâce notamment à une maquette reconstituant les lieux de vie et les conditions dramatiques de travail des esclaves.
A Durban, en 2001, plusieurs pays, réunis lors de la conférence des Nations Unies contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance ont tenu à déclarer la traite des noirs et l'esclavage crimes contre l'humanité. Cet extrait du documentaire Routes de l'esclave : une vision globale produit par l'Unesco ajoute que la France, le 10 mai 2001, a voté une loi allant dans ce sens.
Aujourd'hui, les discriminations et les préjugés viennent de toutes les inventions justifiant l'esclavage. Dans cet extrait, Christiane Taubira rappelle l'importance de la journée nationale de commémoration de l'abolition de l'esclavage. Le 10 mai permet à chacun de se rappeler que l'esclavage a fait partie de l'histoire française. Retrouvez cette collection et son accompagnement sur lesite.tv


























