L'origine de la loi Taubira est une ancienne revendication identitaire des populations issues de l'esclavage, exigeant que la France intègre cette histoire dans sa mémoire et dans son enseignement. Cette revendication, relativement isolée au départ, a pris une forme d'urgence avec l'anniversaire des 150 ans de l'abolition de l'esclavage en 1998, année où les manifestations et les commémorations ont été extrêmement nombreuses. Quelques années plus tard, la conférence de l'ONU sur les droits de l'Homme à Durban a officiellement qualifié l'esclavage de crime contre l'humanité. En parallèle, l'idée a progressé en France pour, à terme, donner lieu à la loi Taubira votée unanimement le 10 mai 2001.
Aux Etats-Unis, il existe une journée de commémoration pour les Noirs, mais le pas de la qualification juridique de crime contre l'humanité n'a pas été franchi.
En Angleterre, qui accueille beaucoup de ressortissants de ses anciens territoires, ce n'est pas un débat national. Ce pays n'a pas adopté le modèle typiquement français de l'intégration républicaine par un principe de départementalisation.
Dans les autres pays européens, le cas le plus étonnant est celui de la Hollande où il n'y a eu aucun débat à ce sujet, alors qu'elle a été un pays esclavagiste. Il en est de même au Portugal, ce qui est sans doute dû à la plus faible présence des ressortissants des anciennes colonies dans le pays. Finalement, la France fait un peu figure d'exception…
Le CPME a été créé en application de la loi Taubira. Il n'est pas, comme on a tendance à le dire en raccourci, " un comité de la date ", créé uniquement pour choisir une date de commémoration. Son rôle dépasse largement cet aspect : il a pour objectifs de proposer des évolutions des manuels et programmes scolaires, des lieux de mémoire, un inventaire des archives et des musées, de contribuer à mettre en place un mémorial de l'esclavage, ainsi qu'un centre de recherche et de documentation sur l'histoire de la traite négrière, de l'esclavage et de l'abolition. Ainsi le comité ne s'occupe pas simplement du passé, mais a surtout pour but d'intégrer cette histoire dans la mémoire nationale pour les générations à venir, afin que tous se souviennent de cette histoire, et pas uniquement les descendants des victimes.
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