La Foi du siècle
Libre de droitsSérie documentaire de 4 volets de 55 minutes
Une série documentaire en quatre épisodes de Patrick Rotman et Patrick Barbéris (1999), coproduite par Kuiv Productions, Arte France et Arkéion.

Les émissions

La Foi du siècleL'Utopie au pouvoir (1917-1928)
Au fil d'archives filmées souvent inédites, ce premier volet présente la révolution russe et ses acteurs. Lénine, Trotsky, Boukharine, Zinoviev, Staline et de nombreux anonymes de la révolution bolchevique défilent ainsi à l'écran. Ces archives nous conduisent de la prise du palais d'Hiver en octobre 1917 à l'élimination progressive par Staline de tous ses opposants politiques. À l'aube de 1928, l'appareil bolchevique bureaucratisé a mis en place un véritable État totalitaire. Le documentaire montre simultanément l'engouement de millions d'individus à travers le monde pour la révolution d'Octobre, événement devenu mythique pour ceux qui pensent que le Grand Soir est enfin arrivé. Les premières fêtes de L'Humanité en France comme les images dramatiques des révolutions avortées en Europe et en Chine témoignent de cette contagion révolutionnaire. À partir des multiples facettes du communisme du premier quart de siècle, les deux réalisateurs posent une question en apparence simple : "Comment et pourquoi des millions de personnes en Russie et à travers le monde ont-elles cru au communisme ?". Les réponses fusent et le parti pris de Barbéris et Rotman sera l'occasion de débats nombreux et passionnants.

D'Hitler au pacte (1929-1939)
La révolution bolchevique a bouleversé l'histoire du monde. C'est un modèle universel appelé à libérer le genre humain, c'est aussi la première étape d'une révolution mondiale. Tout cela justifie le plus horrible des sacrifices, même si l'URSS se retrouve seule pour mener à bien cette tâche immense. Staline a donc devant lui une grandiose perspective : construire le communisme dans un seul pays, mener la révolution du prolétariat dans une contrée essentiellement agricole. Pour cela, il lui faudra former une nouvelle intelligentsia rouge, mener des travaux d'aménagement colossaux. Les premières réussites montreront à un monde en crise combien le communisme peut être un immense espoir pour ceux qui subissent la douloureuse crise économique et n'acceptent pas les perspectives fascistes. L'espoir est grand, le doute inconcevable...

L'Apogée (1940-1953)
Après la stupeur du pacte germano-soviétique, l'attaque allemande en juin 1941 replace l'URSS dans le bon combat. C'est la mobilisation générale contre l'envahisseur nazi : l'Europe occidentale a les yeux tournés vers Staline et ses forces armées. Le coup d'envoi de la réaction soviétique est aussi un appel qui résonne dans l'Europe tout entière : ceux qui sont contre le nazisme sont du côté des communistes. Ce raccourci va mener les grands mouvements de résistance sans que quiconque ne soupçonne ce que Staline préparait pour l'après-guerre. Le communisme s'impose définitivement comme modèle après la victoire de 1945, coûteuse en vies humaines. Après la guerre, la dictature stalinienne se durcit, le rideau de fer tombe sur l'Europe, le communisme s'étend en Asie.

Une fin sans fins (1953-1993)
La barbarie nazie a occulté les crimes de Staline. A l'est de l'Europe, celui-ci avance ses pions, les uns après les autres, sans jamais coup férir. Depuis que Mao, après sa longue marche, a fait la conquête de Pékin et de toute la Chine, le communisme apparaît comme une force immense et irrésistible, ce qui ne manque pas d'effrayer les uns (l'Occident) ni de rassurer les autres (les partis communistes frères). A la mort de Staline, en 1953, l'église rouge n'a jamais rassemblé autant de fidèles. Comment expliquer qu'à peine quarante ans plus tard, en 1991, l'édifice ait fait voler en éclats ses vitraux et congédié tous ses fidèles en leur interdisant de revenir dans ce lieu désormais maudit ? Comment réaliser que les idéaux d'hier n'étaient que des chimères destinées à tenir la puissance et à alimenter la richesse des plus grands ? Le monde des ouvriers va comprendre progressivement, douloureusement mais de manière inexorable que la foi d'hier était un mensonge.

Bruno Sentier et Jofrana Quenum, professeurs d'histoire et de géographie
Pour Télédoc, CNDP