Lucie Aubrac raconte l'ambiance de Londres début 1944. Après son accouchement, elle travaille à la BBC avec Maurice Schumann. La vie est plus facile qu'en France, mais les bombardements continuent. Les femmes anglaises vont sur les toits éteindre les bombes au phosphore avec des seaux de sable. En juillet, Lucie Aubrac rentrera en France pour aider à la réorganisation d'un pouvoir démocratique.

Bernard Sigg, psychiatre, a refusé de torturer. Il s'enfuit lorsqu'il comprend que son travail va consister à maintenir en vie les personnes torturées. Condamné pour désertion, il ne reviendra en France qu'en 1968, au moment de l'amnistie. Il se spécialise alors dans le traitement des soldats traumatisés par la guerre. Il explique la difficulté de parler et les effets destructifs engendrés.

Deux anciens appelés et un officier témoignent de leur sentiment actuel après la guerre menée en Algérie et les actes de torture commis. Les anciens appelés souhaiteraient que l'on demande des comptes aux membres du gouvernement de l'époque et que l'usage de la torture soit reconnu et condamné. L'officier déclare avoir l'impression d'être l'un des « cocus de l'Histoire ».

À la demande de l'Association des amis de la Résistance, des lycéens, assistés d'une réalisatrice et d'un monteur, ont entrepris l'écriture et la réalisation d'un documentaire consacré aux témoignages d'anciens maquisards de la Haute-Vienne. Ils ont choisi de s'y mettre en scène, pour signifier le passage de la mémoire entre anciennes et jeunes générations.

Ouvrier à Clermont-Ferrand, André Charrier a 20 ans en 1957. Fils de parents communistes et résistants, il a passé 32 mois en Algérie pour une guerre, dit-il, qui n'était pas la sienne. Il raconte comment il était devenu une « bête de combat », détaille les tortures effectuées, et évoque la difficulté d'oublier et le difficile retour à la vie civile.

Michel Lubrano, 82 ans aujourd'hui, est officier de carrière et Saint-Cyrien. Il est envoyé en 1956 à Oran comme officier de renseignement. Pied-noir d'origine, il part avant tout pour « rétablir l'ordre contre une rébellion ». Il raconte les tortures exercées par les rebelles et explique que tous les moyens sont bons pour les combattre et récupérer des renseignements, vitaux en temps de guerre.

Odette Nilès, détenue avec Guy Môquet à Châteaubriant, raconte son engagement dans la lutte contre le nazisme et relate les premières actions de résistance des jeunes communistes dans le Paris occupé, et notamment leur manifestation du 14 juillet 1941 sur les Grands Boulevards. Elle évoque également son internement dans différents camps, de son arrestation en août 1941 à son évasion en 1944.

Henri Pouillaud a vécu 40 ans avec un lourd secret. À 23 ans, étudiant en droit et sursitaire, il est affecté par hasard à la Villa Sesini, célèbre centre de torture de l'Armée française. Secrétaire, il notait ce qui se disait lors des séances de torture. Soulagé de ne pas avoir torturé à proprement parler, il est toujours sous le choc lorsqu'il évoque les viols collectifs et les autres supplices.

« Vent printanier » : c'est le nom donné à cette rafle qui, les 16 et 17 juillet 1942, va permettre à 3000 policiers français de s'emparer de plus de 13000 Juifs dont 4115 enfants. Chawa Feldhandler raconte comment elle a réussi à échapper à cette rafle avec son enfant, grâce à une ruse, en se faisant passer pour une voisine de la femme juive qu'on venait arrêter.

Eliane Mosse, survivante de la Shoah et professeur à l'Institut d'Etudes Politiques, montre l'étoile jaune qu'elle fut obligée de porter à l'âge de 11ans. Elle lit ensuite une ordonnance allemande en conformité avec les deux statuts des juifs de 1940 et 1941 édictés par Vichy et qui rendaient le port de l'étoile jaune obligatoire pour les Juifs à partir de l'âge de six ans.
