Quand elle a vu l'efficacité du logiciel Excel pour calculer la moyenne des élèves, Fabienne Saint-Germain, maintenant formatrice dans son département, s'est lancée dans les TICE. Le département des Landes a mis en place un projet : un ordinateur pour chaque élève de 4e et de 3e. Professeur d'histoire géographie en collège, elle voit déjà les révolutions pédagogiques qu'entraîne l'informatique.

Longtemps, les parents sont restés à la porte de l'école. Aujourd'hui, l'institution cherche à les impliquer. Des raisons culturelles rendent parfois la communication difficile. En créant des lieux ou des événements propices à la rencontre, le lien peut être renoué. Quand le dialogue entre les professeurs et les parents est bon et que chacun s'engage, alors la réussite des élèves devient plus facile.

Jean-Louis Etienne, explorateur, se dit militant de la pédagogie et surtout de celle de l'environnement, comme domaine de l'éducation civique. Il veut « faire pousser des graines d'écologie ». Toutes ses expéditions ont un volet pédagogique avec des contacts et des travaux avec des classes via Internet, comme lors de la Mission Banquise. Il affirme qu'il est essentiel de sensibiliser la jeunesse.

Pour désamorcer la violence ou relativiser les caprices, le passage par l'écrit peut se révéler un moyen efficace. Il est possible, par exemple, d'installer dans la classe une boîte aux lettres où chacun tentera d'exprimer ce qui le tourmente. Ecrire, c'est surseoir au tout-tout de suite. C'est permettre à l'élève de penser à ses actes et de comprendre ses pulsions agressives.

En expliquant ce que l'on sait à quelqu'un d'autre, on apprend soi-même à mieux maîtriser son propre savoir. Ainsi l'élève-tuteur progresse-t-il en même temps qu'il fait progresser celui à qui il transmet ses connaissances. En classe, lieu d'échanges permanents, l'apprentissage est facilité car chacun peut, tour à tour, être enseignant et enseigné. Le tutorat est une ressource sous-exploitée aujourd'hui.

Les grands textes du patrimoine peuvent parler aux jeunes de ce qui les touche. Mais ils ne savent pas toujours identifier cette proximité. L'enseignant doit leur faire comprendre l'intelligence des textes et leur modernité. Parfois l'explication est artificielle ou insuffisante. Le jeu avec le texte, notamment par l'interprétation théâtrale, permet de rapprocher l'oeuvre de l'élève et peut l'ouvrir à la culture.

Avec Internet, les connaissances sont désormais facilement accessibles. L'outil fascine les élèves, mais encore faut-il apprendre quoi et comment chercher. Il est nécessaire de savoir distinguer les textes, leur genre et leurs propriétés, identifier les sources et recouper les informations, structurer des données, rédiger des synthèses et développer des analyses. L'enseignant reste un médiateur indispensable.

La programmation scolaire va souvent des connaissances les plus simples vers des savoirs plus complexes. A contrario, des élèves peuvent être amenés à s'intéresser, à partir de questions assez « difficiles », à des savoirs de haut niveau. Leur curiosité est aiguisée, ils peuvent entrer dans les grands enjeux de la connaissance humaine, pour revenir, ensuite, à des apprentissages plus progressifs.

Pour Philippe Meirieu, le pédagogue est un chercheur car il est dans une posture qui n’est pas dogmatique par rapport au savoir. En renouvelant en permanence son regard sur ses savoirs, cela lui permet de les transmettre à ses élèves avec efficacité en tenant compte de leurs capacités et de leur manière d'apprendre. C’est ce que Philippe Meirieu nomme la « différenciation pédagogique ».

Professeur en sciences de l'éducation, Philippe Meirieu s'intéresse à l'expression centenaire reprise par Lionel Jospin lorsqu’il était ministre de l’Education nationale : « mettre l'élève au cœur du système ». Cette formule exprime l'idée suivante : maintenant que la démocratisation scolaire est largement réussie, il convient d'accompagner les élèves au plus près de leurs besoins.
