Jean-Louis Etienne, explorateur, se dit militant de la pédagogie et surtout de celle de l'environnement, comme domaine de l'éducation civique. Il veut « faire pousser des graines d'écologie ». Toutes ses expéditions ont un volet pédagogique avec des contacts et des travaux avec des classes via Internet, comme lors de la Mission Banquise. Il affirme qu'il est essentiel de sensibiliser la jeunesse.

Les enseignants jugent souvent les parents trop intrusifs et le vivent généralement mal. Philippe Meirieu, professeur en sciences de l'éducation, pense que c’est un tort. Il encourage les enseignants à travailler en étroite collaboration avec les parents afin qu'ils puissent les accompagner au mieux, notamment pour qu'ils comprennent l'enjeu des exercices que leurs enfants doivent faire à la maison.

Professeur en sciences de l'éducation, Philippe Meirieu s'intéresse à l'expression centenaire reprise par Lionel Jospin lorsqu’il était ministre de l’Education nationale : « mettre l'élève au cœur du système ». Cette formule exprime l'idée suivante : maintenant que la démocratisation scolaire est largement réussie, il convient d'accompagner les élèves au plus près de leurs besoins.

Dans le cadre de la formation à la citoyenneté, le conseil d'élèves est une institution régulière qui permet à chacun de s'exprimer dans un cadre sécurisé. Il aborde les questions de la vie quotidienne, permet de formuler des projets et de gérer les conflits. Sous la responsabilité du professeur, le conseil aide la classe à structurer les relations dans le respect de chacun et la recherche du bien commun.

Nous découvrons ici la pédagogie à la suédoise. Jusqu’à l’âge de 14 ans, les petits suédois n’ont ni note ni classement. Il n’y a pas non plus de baccalauréat mais un contrôle continu. Mais selon la directrice de l’école Franska Skolan de Stockholm, établissement qui met l’accent sur la culture française, les enfants suédois ne seraient pas toujours au niveau de leurs camarades européens, surtout en maths.

Selon Philippe Meirieu, la pédagogie se fonde sur deux postulats. Le premier est le postulat de l’universalité de l’éducabilité, selon lequel nous n’avons pas le droit de désespérer de quiconque. Le second postulat est le postulat de la liberté : nous devons postuler que c’est la liberté des sujets qui leur permet d’apprendre et de grandir et que nous ne pouvons rien faire pour eux qui ne se fasse sans eux.

Philippe Meirieu, professeur en sciences de l’éducation, énonce les trois axes de l’acte pédagogique : 1°) mobiliser les élèves : il s’agit de leur permettre de s’engager dans un apprentissage en stimulant leur intelligence et leur curiosité. 2°) structurer les savoirs, c’est-à-dire organiser et formaliser ce qui a été découvert. 3°) accompagner individuellement les parcours.

Philippe Meirieu met en évidence l'intérêt de la transmission des connaissances fondamentales (comme les tables de multiplication ou les règles de grammaire) dès lors qu'elles sont reliées à un contexte susceptible de leur donner du sens. Selon lui, les vrais fondamentaux sont ceux qui simultanément donnent les outils mais aussi le sens, sont autant des fondements que des fondations.

Depuis la création du Micro-Lycée de Sénart, une place importante est accordée à la philosophie comme facteur de raccrochage. Le cours de philosophie correspond à un espace d’expression un peu libéré des contraintes disciplinaires. Les élèves sont valorisés comme auteurs de leurs propres pensées et confrontés aux travaux des philosophes sur les mêmes thématiques. Un professeur et trois élèves témoignent.

Au Micro-Lycée de Sénart, l’équipe pédagogique comprend 16 enseignants dont 9 permanents, une psychologue et une assistance sociale. Le fonctionnement du lycée est différent. Chaque semaine, l’équipe et les élèves se réunissent afin de préciser l’organisation des cours et programmer les tâches communes comme le ménage. Le lycée devient un lieu de vie et les élèves gardent le contact avec leurs enseignants.
