Professeur en sciences de l'éducation, Philippe Meirieu s'intéresse à l'expression centenaire reprise par Lionel Jospin lorsqu’il était ministre de l’Education nationale : « mettre l'élève au cœur du système ». Cette formule exprime l'idée suivante : maintenant que la démocratisation scolaire est largement réussie, il convient d'accompagner les élèves au plus près de leurs besoins.

Les enseignants jugent souvent les parents trop intrusifs et le vivent généralement mal. Philippe Meirieu, professeur en sciences de l'éducation, pense que c’est un tort. Il encourage les enseignants à travailler en étroite collaboration avec les parents afin qu'ils puissent les accompagner au mieux, notamment pour qu'ils comprennent l'enjeu des exercices que leurs enfants doivent faire à la maison.

Selon Philippe Meirieu, la pédagogie se fonde sur deux postulats. Le premier est le postulat de l’universalité de l’éducabilité, selon lequel nous n’avons pas le droit de désespérer de quiconque. Le second postulat est le postulat de la liberté : nous devons postuler que c’est la liberté des sujets qui leur permet d’apprendre et de grandir et que nous ne pouvons rien faire pour eux qui ne se fasse sans eux.

Professeur en sciences de l'éducation, Philippe Meirieu affirme l'importance de la formation de l'enseignant et décrit les différents paramètres dont il doit aujourd'hui tenir compte pour mettre en place des situations d'apprentissage pertinentes.

Philippe Meirieu, professeur en sciences de l’éducation, se déclare un fervent défenseur de la laïcité. Pour lui, l'école est le creuset d'une laïcité qui est la condition de la démocratie par la lutte contre toutes les formes d’emprises, qu’elles soient religieuses, commerciales ou médiatiques. « La laïcité, c’est penser par soi-même et être capable d’avoir un regard critique sur les choses... »

Professeur en sciences de l'éducation, Philippe Meirieu souligne l'influence que peuvent avoir les dispositifs de transmission d'un savoir sur les mentalités des élèves. Enseigner les mathématiques de manière individualiste en organisant la rivalité n’est pas la même chose qu’enseigner les mathématiques en organisant la coopération et en encourageant les élèves qui ont compris à expliquer aux autres.

Philippe Meirieu, professeur en sciences de l’éducation, énonce les trois axes de l’acte pédagogique : 1°) mobiliser les élèves : il s’agit de leur permettre de s’engager dans un apprentissage en stimulant leur intelligence et leur curiosité. 2°) structurer les savoirs, c’est-à-dire organiser et formaliser ce qui a été découvert. 3°) accompagner individuellement les parcours.

Philippe Meirieu met en évidence l'intérêt de la transmission des connaissances fondamentales (comme les tables de multiplication ou les règles de grammaire) dès lors qu'elles sont reliées à un contexte susceptible de leur donner du sens. Selon lui, les vrais fondamentaux sont ceux qui simultanément donnent les outils mais aussi le sens, sont autant des fondements que des fondations.

Au Micro-Lycée de Sénart, l’équipe pédagogique comprend 16 enseignants dont 9 permanents, une psychologue et une assistance sociale. Le fonctionnement du lycée est différent. Chaque semaine, l’équipe et les élèves se réunissent afin de préciser l’organisation des cours et programmer les tâches communes comme le ménage. Le lycée devient un lieu de vie et les élèves gardent le contact avec leurs enseignants.

Dans le cadre de la formation à la citoyenneté, le conseil d'élèves est une institution régulière qui permet à chacun de s'exprimer dans un cadre sécurisé. Il aborde les questions de la vie quotidienne, permet de formuler des projets et de gérer les conflits. Sous la responsabilité du professeur, le conseil aide la classe à structurer les relations dans le respect de chacun et la recherche du bien commun.
