La société des cerfs est matriarcale. Plusieurs familles évoluent au sein de la harde sous l'autorité de la biche meneuse, celle sur qui repose l'entière quiétude de la colonie. La dépendance entre le faon et sa mère dure environ deux ans, une longue période nécessaire à l'apprentissage de la vie sociale. En la suivant, il apprend à se nourrir, à se protéger et à se méfier des dangers environnants.

Les femelles isards et leurs petits, les chevreaux, évoluent en groupe appelé « chevrée ». Plus nombreuses, les femelles se protégent mutuellement et veillent ainsi plus sereinement sur leur progéniture. À peine âgés de quelques jours, les chevreaux gambadent sur les pentes pyrénéennes, ce qui leur permet de se forger à la course à la montagne. À l'âge adulte, ce sera leur seule chance de survie !

L'isard a un comportement très affirmé sur son territoire. Son domaine vital, qu'il délimite par des bornes olfactives, s'étend sur une centaine d'hectares seulement. Son odorat extrêmement développé lui permet de détecter à l'avance la venue d'intrus et de réagir en conséquence. Quand il n'est pas dérangé, son existence paisible et solitaire se partage entre la recherche de nourriture et le repos.

La femelle isard sait le danger que représente pour ses chevreaux un renard qui rôde. En effet, il arrive au renard de s'attaquer aux isards et, à plus forte raison, aux chevreaux, même s'il préfère s'en prendre en priorité aux bêtes affaiblies ou malades. C'est pourquoi, la femelle isard reste vigilante quand le prédateur se fait proche ; elle n'hésitera pas à lui infliger des coups de cornes si besoin !

Jean-Louis Etienne, explorateur, rappelle que le pôle Nord est peuplé de nombreux animaux. Au fil des siècles, ceux-ci ont su s'adapter aux contraintes climatiques extrêmes de cette région. Ils sont actuellement menacés par le réchauffement climatique et ses effets rapides comme le dégel du permafrost ou la fonte de la banquise. Ces espèces ne pourront peut-être pas évoluer assez vite.

Ian Sterling, spécialiste mondial de l'ours blanc, raconte l'adaptation de l'animal, d'abord brun et totalement terrestre, au milieu polaire. Aujourd'hui, toute sa vie dépend de la glace sur laquelle il évolue : il lui serait impossible de se déplacer en son absence et ne saurait se nourrir si elle était amenée à disparaître entièrement comme le craignent tous les spécialistes.

Les ours polaires se constituent des réserves de graisse dès le printemps, période pendant laquelle les jeunes phoques sevrés font figures des proies idéales. Malheureusement, le recul de la glace de mer, notamment en baie d'Hudson (Canada), dérègle les habitudes alimentaires de l'ursidé. D'années en années, il perd du poids et se reproduit de moins en moins. Un symbole du pôle Nord disparaît lentement...
