Françoise Dolto, lors des conférences qu’elle tint au Canada en 1983, livre son analyse sur les moyens de prévenir au mieux la séparation entre la mère et l'enfant. Il s’agit là d’un de ses sujets de prédilection. Georges Juttner, psychiatre et psychanalyste, a longtemps collaboré avec Françoise Dolto. Il nous apporte ici son éclairage sur ce sujet.

On prête souvent à Françoise Dolto un message de la nature suivante : « Tout est possible, tout est autorisé à un enfant ». À partir des conférences que Françoise Dolto tint au Canada sur ce sujet en 1983, Georges Juttner, psychiatre et psychanalyste, dénonce cette réputation créée artificiellement en expliquant la position de Dolto sur la question des interdits.

En 1983, Fabienne d'Ortoli, Michel Amram et Pascal Lemaître fêtent les dix ans d’existence de l’école de la Neuville, une école différente qu’ils ont fondée avec l’accompagnement de Françoise Dolto et du pédagogue Fernand Oury. Ce qui fait l’originalité de cette école, ce sont ses méthodes et ses objectifs consistant à être pleinement un milieu de vie et pas uniquement un lieu d’apprentissage scolaire.

G. Juttner, psychiatre et psychanalyste, commente les propos tenus par Dolto sur la psychanalyse lors des conférences qu’elle tint en 1983 au Canada. Celle-ci rappelle que la psychanalyse est avant tout un lieu pour qu’émerge la parole d’un sujet. Une cure analytique n’est psychothérapique que secondairement. « Le psychothérapeute est censé faire du bien de façon directe, le psychanalyste pas du tout. »

En ce référant à l’exemple d’un enfant agité qui n’arrive pas à rester à sa table, Michel Amram, cofondateur de l'école de la Neuville, explique comment il faut, d’après lui, utiliser les particularités des individus pour enrichir le milieu au lieu de l’appauvrir par l’uniformisation. Il explique également comment s’applique à l’école de la Neuville une conception du respect des règles héritée de Dolto.

Quel héritage Françoise Dolto laisse-t-elle à l’école de la Neuville ? Qu’en pensent les élèves ? D’après Fabienne d’Ortoli, cofondatrice de l'école, les élèves savent que Françoise Dolto, dont la photo est accrochée dans la salle de réunion, est quelqu’un d’important. Elle déclare qu’ils sont toujours très étonnés d’apprendre qu’elle soit morte tant pour eux elle reste présente.

Françoise Dolto, filmée lors d’une conférence qu’elle tint en 1983 au Canada, s’indigne contre les discriminations dont font preuve les éducateurs responsables de l’orientation des élèves. Elle étend ensuite son propos à la question de la norme et déplore qu’on ne soutienne pas l’originalité des enfants. Michel Amram, cofondateur de l'école de la Neuville, commente ses propos.

Selon Françoise Dolto, il faut très rapidement dire aux enfants que les adultes n'ont pas tous les droits sur eux. Quand un adulte dépasse ses pouvoirs, il faut dire à l’enfant que c’est une bêtise de l’adulte qui a fait quelque chose qu’il n’a pas le droit de faire. Il faut ainsi lui signifier qu’une claque de la part d’une institutrice est un débordement de pouvoir pour lequel celle-ci n’est pas payée.

Selon Dolto, « on ne dit plus l’interdit de l’inceste aux enfants entre frères et sœurs : c’est quelque chose qui manque totalement dans l’éducation ». Fabienne d'Ortoli, cofondatrice de l'école de la Neuville, intervient pour donner son point de vue. Selon elle, l’école est tout à fait bien placée pour faire ce travail de dire l’interdit de l’inceste auprès des enfants.

Fabienne d'Ortoli, cofondatrice de l'école de la Neuville, a bien connu Françoise Dolto. Elle évoque la vision de la mort qui était celle de Françoise Dolto dans ses derniers instants, prête à partir comme pour un voyage, avec une véritable « curiosité de l’après ». Surtout, il y avait chez Françoise Dolto l’idée que la vie n’a pas de sens si on ne meurt pas.
