Le monde entier a été dépendant du dollar pendant cent ans faute de concurrent. Cette situation a totalement changé avec la création de l’euro, qui a ses chances de dépasser le dollar pour devenir la nouvelle monnaie de réserve mondiale. Les Etats du Golfe, dont la monnaie est, depuis 1945, liée à la devise américaine par un taux de change rigoureusement fixe, pourraient renoncer à leur lien avec le dollar.

Quelles vont être les conséquences de la crise financière sur l’emploi en France ? Les invités de l’émission « Ce soir ou jamais » du 7 octobre 2008 donnent leur point de vue. Selon l’économiste Philippe Chalmin, il est évident que le chômage va augmenter. Selon Frédéric Bedin, chef d’entreprise, la crise peut être l'opportunité de développer une nouvelle économie.

Il se vend et s’achète chaque jour dans le monde entre 2000 et 3000 milliards de dollars. Ces achats et ces ventes déterminent le prix du dollar. L’automatisation des systèmes, le partage instantané de l’information, mais aussi l’irrationalité de l’humeur générale sont à la source des mouvements brutaux et rapides du dollar sur un marché devenu trop énorme pour que le gouvernement puisse intervenir.

Qui, aux USA, gère le dollar ? Ce rôle incombe à la FED, la banque centrale américaine, dont les objectifs sont la stabilité des prix, une croissance durable optimale et la stabilité du système financier. Elle n’est pas publique, mais privée. Elle est toutefois placée sous l’étroite surveillance du gouvernement fédéral. En revanche, le Bureau of Engraving and Printing, qui imprime les billets, est public.

Alpha Blondy, Olivier Pastré, et Vaiju Naravane évoquent la nécessité d’un rééquilibrage de la gouvernance mondiale. Les pays émergents comme l’Inde et le Brésil représentent une vraie force vive tant au niveau de leur population qu’au niveau de leur croissance maintenant régulière et bien plus importante que celle des occidentaux. Ils attendent et entendent être reconnus à leur juste valeur.

Selon l’économiste Denis Clerc, qui intervient sur le plateau de l’émission « Ce soir ou jamais » présentée par Frédéric Taddeï, la situation économique est grave car le crédit est bloqué, or le crédit est la source du fonctionnement de notre économie. Patrick Villemin, écrivain, évoque la scénarisation médiatique de la crise à venir, à la fois abstraite et anxiogène.

Quand les dépenses de l’Etat sont supérieures à ses recettes, on parle de déficit public. Pour combler celui-ci, l’Etat doit d’emprunter. On parle alors de dette publique. Mais les prêts ont un coût, le taux d’intérêt, qui augmente la somme que l’Etat doit rembourser, devant emprunter à nouveau. C’est le cercle vicieux du surendettement. Aujourd’hui, la dette publique s’élève à 1270 milliards d’euros.

La crise va-t-elle renforcer les clivages ? Ou bien la crise va-t-elle créer de nouvelles solidarités – entre pays, entre patrons et employés, entre riches et pauvres, entre l’Etat et les partenaires privés ? Willy Pelletier, Denis Clerc, Frédéric Bedin, Philippe Chalmin, Laurence Fontaine, et Patrick Villemin, invités de l’émission « Ce soir ou jamais » du 7 octobre 2008, nous livrent chacun leur avis.

La crise va-t-elle nous conduire à renoncer au capitalisme spéculatif au profit d’un capitalisme entrepreneurial ? Philippe Chalmin juge cette opposition caricaturale ; Denis Clerc pense que le problème ne peut être réglé qu’au niveau macroéconomique et non au niveau des initiatives individuelles. Tous deux déplorent le manque de gouvernance. Selon Willy Pelletier, la gouvernance est présente mais injuste.

Sur le plateau de « Ce soir ou jamais », Jean Ziegler, membre du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, explique que la crise financière marque l’effondrement de la théorie néolibéraliste de la naturalité des lois économiques et de la toute puissance de l’autorégulation du marché. Olivier Ferrand, président de Terra Nova, explique en quoi l’effondrement des marchés financiers tient à leur dérégulation.
