Jacques Attali, Président de Planet Finance , Yann Moulier Boutang et Christian de Boissieu, économistes, analysent la crise financière mondiale. Les banques centrales et les États sont intervenus pour soutenir les systèmes bancaires mais les banques ont toutefois encore beaucoup de produits toxiques à digérer. Sans un système de gouvernance mondial, nous risquons une dépression planétaire majeure.

Selon M. Pébereau, Président de BNP Paribas, la montée de la dette publique est préoccupante. La population vieillit, la population active diminue, or notre pays a un système de retraite par répartition : les salariés payent des cotisations qui sont réparties entre les retraités. Nous mettons à la charge des générations à venir des retraites et une dette plus lourdes que celles que nous payons aujourd’hui.

Christian Saint-Étienne, économiste, et Didier Migaud, Président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, expliquent que la dette française est une « mauvaise » dette car nous avons emprunté pour de « mauvaises » raisons, pour couvrir des dépenses de fonctionnement (couvrir par exemple le déficit de la sécurité sociale) mais pas pour créer des infrastructures permettant développer le pays.

D’après Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique dans le gouvernement Fillon, l’augmentation du déficit est une réponse à la crise car l’augmentation des prélèvements obligatoires affaibliraient l’économie. Il expose également comment sont réparties les dépenses de l’Etat aujourd’hui et fait part de sa volonté de réformer la dépense publique.

Comment réduire les dépenses de l’Etat sans remettre en cause le niveau de protection sociale ? Selon Bruno Palier, chercheur à Science Po, il s’agit moins de réduire les dépenses que d’investir dans des domaines d’avenir créateurs de richesses. Réduire la dette devient urgent car la population vieillit. Pour Bernard Spitz, Président de la FFSA, il faut casser une certaine logique politique électoraliste.

Selon l’économiste Christian Saint-Etienne, il faut « organiser un redéploiement massif de dépenses passives vers des dépenses actives. » pour arriver à un équilibre des finances publiques. Pour Jean-Paul Fitoussi, économiste, nous de devons pas perdre deux atouts : un système de protection sociale qui a des effets extraordinaires sur la natalité et un système de santé qui est le meilleur au monde.

Pour Michel Pébereau, Président de BNP Paribas, la France est menacée par une dérive de ses finances publiques qui remettrait en cause notre modèle social. Il faut donc revenir à l’équilibre des finances publiques pour le préserver. Pour Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique dans le gouvernement Fillon, l'assainissement des dépenses publiques est une priorité.

Louis Rollin, ministre du Commerce, est représentant de la France à la Société des Nations (SDN) à Genève. Il livre aux spectateurs ses impressions sur la crise économique mondiale : par sa voix, la France a fait des propositions précises et concrètes sur la coopération européenne, l’organisation de la production et la régularisation des échanges qu’elle s’emploiera à faire aboutir.

Le dessinateur H.P. Gassier illustre par le biais de dessins et d’une bande dessinée sa perception du monde de la finance et de la crise de 1931. Chaque monnaie est personnalisée : du bon Monsieur Lefranc au signor Lalire en passant par Lord Sterling ou le riche Master Dollars. Sa caricature présente Lord Sterling comme un habile jongleur, rapide à faire jouer les autres et à dissiper leurs biens.

Sur le plateau de l’émission « Ce soir ou jamais » animée par Frédéric Taddeï, Michel Aglietta, professeur d’économie à l'Université de Paris-X Nanterre, et Daniel Cohen, professeur d’économie à l’Ecole normale supérieure, commentent l’analyse de George Soros et expliquent les mécanismes qui ont conduit à la défaillance du système financier et bancaire américain.
