Selon Olivier Ferrand, président de Terra Nova qui s’exprime sur le plateau de « Ce soir ou jamais », le néolibéralisme, c’est à dire une activité économique sans aucune régulation, est dangereux, à la fois en termes éthiques et en termes de risque. Il ajoute que l’interventionnisme a posteriori est aujourd’hui dépassé, et qu’il faut reconstruire en agissant en amont, par anticipation.

Les billets américains frappent l’imagination par leurs symboles mystérieux, réputés maçonniques, qui résument histoire et idéologie américaines. Leur inspiration esthétique tient sans doute à la passion des hommes du XIXe siècle pour l’ésotérisme, le symbolisme chrétien et même l’égyptologie. La religiosité du peuple américain s’exprime dans la devise « In God We Trust » (« Notre confiance est en Dieu »).

Le 15 août 1971, Nixon suspend la convertibilité du dollar en or et décide de faire du dollar une monnaie flottante. Le monde entier est frappé de stupeur. Le monde des taux de changes fixes est mort. Dorénavant, la valeur du dollar va changer tous les matins. L’offre et la demande de chacune des monnaies sur le marché mondial déterminent désormais les prix.

Les accords de Bretton Woods, signés en 1944 par 44 pays, installent les USA dans une position privilégiée en organisant le système monétaire mondial autour du dollar. Toutes les monnaies sont définies en dollar et seul le dollar est défini en or (une once d’or pour 35 dollars). Dans les années 1960, De Gaulle fut l’un des premiers à émettre publiquement des critiques par rapport au privilège du dollar.

En 1863, Lincoln standardise la monnaie des USA en créant le billet vert. La banque centrale s’engage à payer à tout porteur d’un billet sa contrevaleur en or. Mais elle ne put tenir cet engagement lorsque, suite au krach de 1929, tout le monde voulu échanger ses billets contre de l’or car trop de billets avaient été imprimés et la valeur de tous les billets en circulation excédait celle du stock d’or.

Selon Michel Aglietta, l’appât du gain a joué un rôle très important. Il a entrainé des excès, dans les rémunérations excessives et dans le manque de relation entre la rémunération et la prime de risque. La responsabilité de la crise financière incombe ensuite aux agences de notation, qui ont fait preuve d’un optimisme inconsidéré et dont les hypothèses n’ont jamais été contrôlées.

Pour Michel Aglietta, la confiance mutuelle des acteurs du marché financier repose sur des éléments d’interdépendance et relève fortement de la subjectivité. Elle est nécessairement fragile et ambiguë puisque cette confiance repose en définitive sur la liquidité des valeurs. Or cette liquidité, qui relie tous les marchés, ne sera jamais réellement testée... sauf lorsque les opérateurs perdent confiance.

La crise financière actuelle est d’une telle ampleur qu’elle va donner l’opportunité de réformer le système financier en son entier et donnera une responsabilité supplémentaire aux autorités chargées de le réguler. On peut espérer à l’avenir une meilleure gestion du risque et une plus grande vision à long terme de la part des fonds de pension et des investisseurs institutionnels.

Pour les ménages qui n’en ont pas réellement besoin, le recours à la liquidité constituerait un risque pour l’économie générale. Mécaniquement, le cours des actions remontera et il s’agit aujourd’hui de gérer sa richesse et son épargne sans céder à la panique. Cependant, la question de la solvabilité des ménages et de leur niveau de consommation demeure complexe.

Les scénarios sont multiples selon le choix des facteurs économiques étudiés : endettement, consommation ou crédits. Mais dans tous les cas, il semble difficile d’éviter une récession économique. Seul un plan de relance massivement appuyé par l’Etat limiterait cette récession sur la durée, avec au mieux une reprise en fin d’année 2009, ce qui éviterait une grande dépression de l’économie tout entière.
