Résidence des Rois de France au Moyen Âge, le château de Vincennes a vu nombre de naissances d'enfants royaux. La mortalité infantile était alors élevée et le baptême représentait un élément important de la vie politique et religieuse des rois. Un ondoiement était immédiatement effectué dans le baptistère, bassin le plus précieux, choisi pour rendre hommage à l'Église.

Découverte de la discipline à Istanbul avec la conservatrice du musée Sabanci qui abrite une collection de calligraphies ottomanes. Filiz Çagman dévoile une pièce précieuse qui date de l’époque de Süleyman. Il s’agit d’une page d’exercice du calligraphe Ahmed Karahisari qui connaît son heure de gloire sous le règne du sultan. C’est à partir de cette époque que l’écriture devient une réelle expression artistique.

Sainte-Sophie, basilique byzantine de l’empereur Justinien construite au VIe siècle, fut plus tard transformée en mosquée par les sultans musulmans. Sans elle, la mosquée Süleymaniye n’aurait jamais existé. L’architecte ottoman Sinan la prend en exemple mille ans plus tard lorsqu’il construit Süleymaniye. Ainsi, il perpétue le concept de dôme inventé par les architectes byzantins, dans un esprit de continuité.

Iznik est la capitale de la céramique ottomane, à son apogée sous le règne de Süleyman. Les faïences qui ornent les mosquées et les palais sortent des ateliers de la ville. Après l’âge d’or, les ateliers déclinent puis disparaissent jusqu’à ce qu’une fondation y relance la tradition. Les mêmes gestes, matériaux, instruments et motifs sont employés afin de reproduire la méthode traditionnelle.

L'histoire du baptistère de Saint-Louis, le plus prestigieux de tous les objets du département des arts de l'islam du Louvre, est mal connue. Le bassin est relié aux rois de France mais aussi à la dynastie des Mamelouks. Il est en effet caractéristique de l'art mamelouk, même si le sujet apparaît comme singulier. L'artiste y a apposé six fois sa signature à l'intérieur comme à l'extérieur.

Au niveau décoratif ou architectural, la salle du harem de Murad III n’a pas changé depuis le XVIe siècle. Elle a été dessinée par Sinan, l’architecte de Süleyman. Les murs sont recouverts de céramiques d’Iznik. Le bruissement d’eau permettait ne pas être entendu de l’extérieur et les fontaines produisaient une petite musique qui enchantait les gens. C’est dans cette atmosphère que les sultans composaient des vers.

Ahmet Ertug revient sur des scènes de la vie ottomane au XVIe siècle en s’appuyant sur des pièces de sa collection. La procession de Süleyman vers sa mosquée ou encore le panorama de la ville permettent de mieux se rendre compte de ce qu’a été l’âge d’or du XVIe siècle. On y voit Topkapi, la Basilique Sainte-Sophie, l’intensité du trafic international, Süleymaniye à peine inaugurée mais aussi l’architecte Sinan.

Sur le baptistère de Saint-Louis est représenté le sultan entouré d'une quarantaine de dignitaires de la cour des Mamelouks, pratiquant la « furusiya ». Achetés au départ par des souverains arabes, ces soldats-esclaves s'emparent du pouvoir au milieu du XIIIe siècle pour environ 250 ans. Troupes les plus puissantes du monde islamique, les Mamelouks chassent définitivement les Francs de Terre Sainte.

Visite du tombeau impérial, construit par Sinan. Ahmet Ertug revient sur les possibles influences romaines de la tombe, sa céramique et sa décoration florale. Il s’attarde sur le verset autour du mausolée et tout ce qui témoigne de la puissance de l’Empire ottoman ; celui-ci atteint son apogée avec le règne de Süleyman. Les Ottomans, grands guerriers, étaient aussi très avancés dans les disciplines artistiques.

À l'occasion de l'exposition de la collection Khalili à l'Institut du Monde Arabe, Anne-Gabrielle Vincent, conférencière, et Radhia Dziri, responsable des actions éducatives de l'Institut du Monde Arabe, nous présentent le premier des trois grands thèmes du parcours destiné aux collégiens et aux lycéens : le thème des fondements des arts de l'Islam.
