Une classe visite l’exposition Marzi, souvenir de Pologne, à Amiens. Un atelier amène les élèves à réfléchir sur les conditions de vie en Pologne dans les années 1980 à travers des planches de la bande dessinée. La classe est ensuite invitée à rencontrer les auteurs de Marzi, Marzena Sowa et Sylvain Savoia. Les élèves posent leurs questions à Marzi devenue grande ou à son compagnon, dessinateur de la BD.

Marzena Sowa revient sur le quotidien des Polonais dans les années 1980. Elle se rappelle de la frustration quand il était impossible d’acheter dans les magasins. Après une longue attente, les gens achetaient ce qu’ils pouvaient et revendaient ce dont ils n’avaient pas besoin. Aujourd’hui encore, lorsqu’elle retourne en Pologne, Marzena ressent une gêne dans les magasins.

Sylvain Savoia, le dessinateur de Marzi raconte quelle était sa vision de la Pologne avant qu’il ne se penche sur la question. Comme pour beaucoup d’occidentaux il en avait une image assez froide et imaginait un pays plutôt fermé et peu attrayant. Il évoque son voyage à Prague en mars 1990 et revient sur la différence marquante entre les pays de l’Est et les Etats-Unis qu’il avait visité peu de temps avant.

Marzi nous montre une enfance différente dans un pays et une époque peu éloignés. Sans saisir le contexte politique, les enfants arrivent à comprendre les difficultés rencontrées par Marzi. Cela leur permet de prendre conscience que d’autres enfances plus difficiles. La curiosité des plus jeunes et la pertinence de leurs questions engagent de vraies conversations avec les auteurs.

Marzi est l’histoire de Marzena Sowa, co-auteur de la bande dessinée. Son compagnon et dessinateur Sylvain Savoia se sent également très proche de l’histoire et y met un peu de lui-même et de ses émotions enfantines. Chacun apporte de sa sensibilité dans l’univers de Marzi. La personnalité de Marzena et sa complicité avec Sylvain permettent d’apporter un autre regard sur le sujet.

Les parents de Marzi sont déçus par la suite des grèves : licenciements et envois en camps d’entraînement s’enchaînent. Une table ronde est prévue entre Solidarnosc, mené par Lech Walesa, et les autorités. Le syndicat Solidarnosc est finalement légalisé. Après les élections, la Pologne sera le premier pays du bloc de l’Est à avoir un premier ministre non communiste. C’est par là que la chute du communisme commencera.

Sylvain Savoia et Marzena Sowa, respectivement scénariste et dessinateur de Marzi, reviennent sur l’épisode de la bande dessinée sur la chute du mur de Berlin. D’après Marzena Sowa, c’était un thème difficile du fait qu’en tant que Polonaise elle n’a pas le même regard que les Belges ou les Français sur les événements. Pour Sylvain Savoia, c’est justement là que réside tout l’intérêt.

Marzi nous conte la campagne polonaise et la vision qu’elle avait, petite, de la France. A cette époque, la campagne lui paraissait autosuffisante car les exploitations possédaient animaux et aliments et la famille agricultrice donnait de la nourriture aux visiteurs de la ville. Hélène, tante de Marzi, vivait en France et venait régulièrement en visite. Elle symbolisait la liberté, la mode et l’exotisme.
