Les enseignants jugent souvent les parents trop intrusifs et le vivent généralement mal. Philippe Meirieu, professeur en sciences de l'éducation, pense que c’est un tort. Il encourage les enseignants à travailler en étroite collaboration avec les parents afin qu'ils puissent les accompagner au mieux, notamment pour qu'ils comprennent l'enjeu des exercices que leurs enfants doivent faire à la maison.

Marion Sessiecq, déléguée territorial à l'AFEV, Anne Zeriollat, professeur, et Françoise Lantheaume, maître de conférences, échangent sur le rôle de parent d’élèves et les rencontres entre parents et professeurs. Les enseignants doivent souvent justifier leurs choix pédagogiques. L’accompagnement des parents peut être une solution pour favoriser le suivi des élèves par les parents et les professeurs.

Azélie est l’une des 7500 étudiants bénévoles de l’AFEV qui ont choisi d’aider un élève en difficulté deux heures par semaine. Elle évoque ses motivations, ses méthodes et ce que lui apporte cet engagement sur le plan humain. Cet engagement lui permet en effet de nouer avec l’enfant des liens qui vont au-delà du simple soutien scolaire, des liens aussi enrichissants pour lui que pour elle.

Cette année, Elsa intègre le collège République à Nanterre. Sa rentrée est facilitée par le nouveau dispositif d'accueil mis en place par l'établissement : stage de prérentrée pour les élèves volontaires et réunions pour impliquer les parents dans la scolarité de leurs enfants. Le principal de l'établissement souligne l'enjeu de la réussite scolaire, enjeu qui est également d’ordre civique.

Deux chefs d’établissement témoignent. Selon eux, les partenariats avec des structures extérieures à l’école, notamment les municipalités ou des associations telles que l’AFEV, permettent d’impliquer les parents. Pour Philippe Meirieu, des formations communes aux parents et aux enseignants seraient également souhaitables pour améliorer les relations entre les familles et l’école.

Il est parfois difficile, pour un professeur, d’établir un dialogue avec les familles même s’il propose de recevoir celles-ci sur son temps privé. Souvent, les familles ont de tels problèmes que l’école n’est pas une priorité et l’utilité de l'enseignement n’est pas établie. Philippe Meirieu recommande d’intégrer les parents pour faciliter des propositions convergentes visant à aider l’enfant à travailler.

Les quartiers populaires, concentrés de problèmes économiques et sociaux, sont très touchés par l’échec scolaire : les établissements manquent de mixité scolaire et sont proches de la ghettoïsation ; les professeurs nommés sont souvent très jeunes et peu formés et restent peu de temps à ces postes ; les élèves peu ambitieux quittent l’école sans diplôme et parents et enseignants communiquent difficilement.

Annie Girard, enseignante, utilise le baladeur comme outil d’apprentissage et d’implication des familles dans la scolarité de leurs enfants. Ceux-ci apprennent à lire en s’enregistrant chez eux sur leur baladeur. Ils participent aussi à la création de podcasts mis à disposition sur le site de l’école, qu’ils peuvent consulter chez eux sur leur baladeur, ou en classe avec le tableau blanc interactif.

Le 12 mars 2012, « Les Rencontres pour la jeunesse en difficulté » étaient organisées par les Apprentis d’Auteuil. Lors du débat sur la parentalité et la responsabilité éducative, Bruno Tardieu d’ATD Quart Monde rappelle qu’il y a 25 ans le CESE déclarait que la misère était une « violation de tous les droits de l’homme ». La société semble accuser les parents pauvres d’être responsables de leur situation.

Le 12 mars 2012, « Les Rencontres pour la jeunesse en difficulté » étaient organisées par les Apprentis d’Auteuil. Lors du débat sur la parentalité et la responsabilité éducative, Béatrice Barraud, présidente de l’APEL, rappelle la nécessité pour l’école de s’ouvrir aux parents, afin que ceux-ci puissent désacraliser ce lieu dans lequel ils doivent avoir confiance, parce qu’ils y laissent leurs enfants.
