Pourquoi le « jeu du foulard » est-il pratiqué par les jeunes et dans quel contexte ? Des spécialistes apportent leur éclairage : le Docteur Jean-Claude Fisher, psychiatre pour adolescents, Annie Cézanne, psychologue, le Docteur Françoise Cusin, médecin conseil de l'académie de Mâcon, et le Docteur Jean Lavaud, responsable SMUR à l'Hôpital Necker.

Le « jeu de la tomate » est une variante du « jeu du foulard » pratiquée dans les cours de récréation des écoles maternelle et primaire. Ce jeu consiste à jouer à bloquer sa respiration, à jouer à faire le mort. Pourquoi est-il pratiqué par de jeunes enfants ? La psychologue Annie Cézanne et le Docteur Rémy Puyelo, psychanalyste, donnent leur éclairage.

À fin de lutter contre la pratique du « jeu du foulard » et des autres jeux d'évanouissement, les meilleurs moyens sont de s'informer et d'informer sur les risques encourus, de savoir repérer les signaux d'alerte, de mener des actions de prévention adaptées dans les familles et dans les établissements scolaires. Mourir du « jeu du foulard », c'est mourir par ignorance.

Le « jeu du foulard », ce « jeu » où l'on joue à s'évanouir en s'étranglant, peut être mortel ou laisser des séquelles irréversibles. Des parents, touchés par ce « jeu » mortel se sont mobilisés et ont créé l'Association de Parents d'Enfants Accidentés par Strangulation (APEAS). Dans cet extrait, la présidente de l'APEAS témoigne. Elle a découvert l'existence de ce jeu le jour de la mort de son fils.

Survivre au « jeu du foulard » peut être pire qu'en mourir. Par exemple, depuis qu'il s'est livré à la pratique de ce « jeu », Ryan Tucker est très lourdement handicapé. La privation prolongée d'oxygène a entraîné de graves dommages cérébraux. Cet adolescent a à présent l'âge mental d'un enfant de sept ans et doit réapprendre à marcher et à parler.

Le jeu du foulard, ou jeu par strangulation, touche les adolescents et les préadolescents de 8 à 16 ans. Régulièrement les brigades de prévention de la délinquance juvénile de Bordeaux Mérignac sensibilisent les élèves sur la dangerosité des ces jeux. Chaque année 15 à 25 jeunes meurent suite à des jeux de strangulation, des jeux qui peuvent aussi handicaper à vie.

Françoise Cochet est la Présidente de l’Association des parents d’enfants accidentés par strangulation. Son fils s’est tué en pratiquant le « jeu du foulard ». Elle apporte ici son témoignage et tire la sonnette d’alarme : la strangulation peut aussi provoquer des séquelles neurologiques et motrices graves, il faut donc informer parents et autorités avant qu’il ne soit trop tard.

Les jeux du foulard, de la grenouille, de la cannette ou du rêve indien sont des jeux d’auto-asphyxie qui procurent des hallucinations et sont très en vogue de la maternelle au lycée. Ils peuvent entraîner la mort. En France, au moins un enfant meurt tous les mois d’avoir voulu s’auto-asphyxier. A Cébazat, en Auvergne, deux mères de famille ont créé le collectif d’action et de lutte contre les jeux à risque.
