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Curiosphere.tv et la Cité des Sciences & de l'Industrie
s'associent à l'occasion de l'exposition Sport
& Numérique.
Retrouvez le meilleur de nos programmes consacrés au thème
du sport et de l'éducation. Abordant le sport sous différents
angles (respect, professionnalisation, jeu, citoyenneté, passion,
etc.), cette sélection s'enrichira de nouvelles vidéos tout
au long de l'été olympique à venir. Bonne lecture
!
A quoi sert un ballon ? Selon Michel Serres, c’est un « quasi-objet » engagé dans une « révolution ptolémaïque » : le centre est le ballon et le corps s’adapte au ballon. Le maladroit joue avec le ballon ; l’adroit, c’est le ballon qui joue avec lui. Le ballon est également un « traceur de relations ». Il est « l’auteur du contrat social » : grâce à lui, nous savons enfin ce que veut dire « être ensemble ».
Michel Serres déclare que ce qu’il admire le plus dans les sports collectifs, c’est « l’apprentissage de la gestion de la dite violence ». Le sportif doit « apprendre qu’à l’extrémité de [s]on action violente [il] puisse immédiatement [s]’arrêter », faute de quoi il risque de faire perdre son équipe. Il n’y a pas de pédagogie plus réussie pour apprendre à un individu à gérer sa propre violence.
Dans certaines phases du rugby, des joueurs deviennent spectateurs. Michel Serres compare cette situation au combat des Horaces et des Curiaces : un contrat social concernant la guerre est mis en place et un spectacle est créé à la place de la guerre. « Mêlée » se dit « scrum » en anglais, mot qui reprend l’escarmouche italienne : une petite fraction fait la guerre pendant que les autres ne la font plus.
La morale sportive peut-elle être universalisable ? Axel Kahn pense qu’elle peut valoir en tout lieu mais il considère qu’elle n’est pas universelle au sens moral du terme. Le respect de l’humanité en l’homme, et la valeur des autres sont des éléments qui ont valeur à être universaliser. Le statut du sport fait qu’il faut parler des règles du sport plus que de morale sportive.
Pour beaucoup de jeunes qui canalisent mal la violence, le sport vécu comme une compétition codifiée dans le respect de l’autre où on n’établirait pas d’égalité entre la performance dans un domaine donné et l’égalité entre les gens est un modèle intéressant. Par contre dans une atmosphère où la violence est sous-jacente, le sport présenté comme un nouveau moyen de faire la guerre, perd alors sa raison d’être.
Le mot performance a deux sens possibles. En français, il signifie la réalisation de l’excellence dans quelque domaine que ce soit. Cette acception ne peut être mal connotée moralement. Par contre, dans son sens anglais, la performance c’est aussi le spectacle. Il ne s’agit plus de réaliser ce qui est important pour soi mais plutôt de paraître conforme à des normes imposées par l’extérieur. On rentre alors dans un cercle vicieux.
L’observation des grands champions nous a appris qu’il n’est pas possible de devenir un sportif de haut niveau si l’on passe son temps à traiter les informations sensorielles. Beaucoup d’athlètes simulent mentalement l’ensemble des séquences qui vont se produire. Le cerveau est utilisé comme un « prédicteur » qui choisit à chaque geste les informations sensorielles pertinentes pour l’action à venir.
Le stress est un monde compliqué avec des avantages et des inconvénients. Sous l’angle de l’émotion, les facultés utilisées par le cerveau peuvent être perçues comme bénéfiques pour l’accomplissement des tâches. Toutefois quand un sportif apprend un jeu complexe, il met en marche toute une mise en jeu de mécanismes cérébraux qui mettent en scène simultanément un contrôle d’inhibitions de l’action et aussi de lâcher prise.
L’homme est le seul animal sportif : il a inventé le jeu. Les aptitudes particulières qu’il possède comme l’imaginaire et la capacité à prédire sont nécessaire à la pratique du sport. Par exemple, devant un match de rugby, on peut ne voir que les simples mouvements des joueurs et passer à côté de la complexité du jeu qui demande compréhension, perception et anticipation.