Regards sur la couleur
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La survie par la couleur
C'est l’histoire d’une lutte acharnée entre proies et prédateurs. Comment les premiers échappent-ils aux seconds ? La ruse consiste à se démarquer de l'image recherchée par le prédateur en passant inaperçu dans le paysage.
 
Biologie La survie par la couleur
 

La couleur est essentielle dans les stratégies de camouflage, même si la forme et le mouvement sont de précieux alliés. Ressembler à des cailloux, brindilles, sable ou encore déjection d'animaux peut être un gage de survie. Le vert brillant de l'herbe est une toile parfaite pour les sauterelles, tout comme les marbrures des troncs d'arbres pour certains oiseaux comme le grimpereau des jardins, ou le sable pour les soles et les turbots.

Exemple de camouflage d'un criquet sur des mousses (Guyane) - © Photothèque CNRS - CHARLES-DOMINIQUE Pierre
Exemple de camouflage d'un criquet sur des mousses (Guyane) - © Photothèque CNRS - CHARLES-DOMINIQUE Pierre
 
Mante religieuse en forêt tropicale Gabonaise : mimétisme avec une écorce - © Photothèque CNRS - DEVEZ Alain
Mante religieuse en forêt tropicale gabonaise :
mimétisme avec une écorce
© Photothèque CNRS - DEVEZ Alain

Mais le comportement est tout aussi important : un geste intempestif risque de tout gâcher, mais dodeliner telle une feuille portée par le vent peut être primordial pour des insectes réfugiés dans les végétaux.

Encore plus sophistiqué est le changement de coloration dans un environnement variable. Ainsi une sole est claire quand elle se déplace sur un sable blond, mais si vous lui bandez les yeux elle deviendra toute sombre, quelle que soit la couleur du sol. De nombreux papillons, comme la piéride du chou ou la phalène du bouleau, réagissent aussi comme cela.

L'imitation de la couleur du support est due à la présence de cellules de la peau qui contiennent des pigments colorés. Ces derniers sont rassemblés en granules et leur déplacement à l'intérieur des cellules provoque les variations de coloration sous contrôle des cellules nerveuses : un caméléon en colère, à l'affût ou en saison des amours, montre son humeur par une coloration particulière, que ses congénères ou ses ennemis sauront déchiffrer.

Chez les mammifères, le changement de couleur est plus difficile, mais leur technique de camouflage est tout aussi redoutable : essayez de distinguer un zèbre au loin dans la savane et, sans l'aide d'un guide habitué au terrain, vous aurez bien du mal à repérer une quelconque bête à poils. Les grands animaux, même l'éléphant, ne sont pas en reste dans l'art de la dissimulation...

Mais le comble du comble reste pour un animal vulnérable de revêtir la tenue d'un animal redoutable et devenir ainsi « intouchable » : c'est le cas des mouches syrphides de nos jardins aux allures de guêpes mais qui sont en réalité tout à fait inoffensives.

Grands ou petits, qu'ils soient à poils, à plumes, à écailles, à cuticule ou sans rien du tout, les êtres vivants utilisent à l'infini la palette du peintre et ont inventé bien avant nous le vêtement qui change de couleur !