Regards sur la couleur
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De l'impressionnisme au pointillisme
Au milieu du 19e siècle, c'est l'effervescence parmi les artistes parisiens. Un groupe de peintres veut rompre avec l'académisme figé alors en vogue. Les impressionnistes renouvellent la peinture en choisissant des sujets issus de la vie quotidienne, mais surtout en usant différemment de leur pinceau.
 
Peinture Les théories de Chevreul
 

Ils s'inspirent alors de recherches contemporaines. En 1839, le directeur de la manufacture des Gobelins, Michel-Eugène Chevreul publie des observations sur les pigments glanées au cours de la restauration de tapisseries.

Selon « la loi du contraste simultané des couleurs », des coloris placés côte à côte s'influencent réciproquement et modifient leur tonalité. En procédant de la sorte, on aboutit à une sensation colorée très différente de celle qu'obtient le peintre en mélangeant directement des pigments sur sa palette. Ces travaux de Chevreul inspirent Monet et Sisley qui, dès 1860, animent leur toiles en juxtaposant des touches de couleurs « pures » : c'est à l'œil du spectateur de mêler ces taches colorées pour finalement voir la couleur désirée.

Le Chahut, Georges Seurat, 1890 - Source : Rijksmuseum Kroller-Muller, Otterlo, Pays-Bas

Le Chahut, Georges Seurat, 1890
Source : Rijksmuseum Kroller-Muller, Otterlo, Pays-Bas

En 1880, Seurat veut rénover l'impressionnisme, qui s'essouffle déjà, en revenant à ces résultats scientifiques. C'est le pointillisme, encore appelé divisionnisme, qui remplace les libres coups de pinceau par de minuscules points aux couleurs soigneusement choisies. La peinture devient une vraie analyse scientifique où chaque nuance doit être systématiquement décomposée en certains tons de base. Cet « art scientifique » s'avère un travail épuisant : Seurat mettra souvent un an à peindre une toile, après des dizaines d'ébauches...

Cette « peinture au petit point » (dixit Renoir) n'aura guère la faveur des impressionnistes, hormis Signac et Pissarro. Mais ces recherches sur la perception des couleurs auront une influence durable sur certains mouvements, en particulier le fauvisme et le cubisme.