Les terres
colorées ont été employées de tout temps
et par toutes les civilisations, de la Préhistoire à
la Renaissance, en passant par l'Égypte ancienne, la Grèce
antique ou le Moyen Âge, qu'il s’agisse d’orner
des corps ou de peindre parois ou toiles. Les couleurs obtenues
ainsi sont parfaitement stables et offrent une large gamme de teintes
et de luminosité qui permettent d'exprimer toutes les sensibilités.
Si dans l'Antiquité, les peintres se limitaient
à l'utilisation de quelques pigments de base, ces mélanges
offraient déjà de très nombreuses possibilités
de variations de couleur.
Dès le 9ème siècle, la gamme
des couleurs disponibles s'élargit, entraînant de notables
changements dans les techniques de peinture. Ainsi, la couleur participe
de plus en plus pleinement à la perspective du tableau. Les
jeux d'ombre et de lumière confèrent à la toile
volume et profondeur. Au début du 20ème siècle,
certains peintres comme Degas cherchent à développer
une palette de tons capable de rendre une luminosité exceptionnelle.
Ils s'appuient sur la subtilité du pastel dont la craie est
le résultat d'un mélange de pigments. En effet, la
lumière qui éclaire un pastel est renvoyée
d'une manière parfaitement diffuse. Les nuances les plus
délicates peuvent alors être reproduites et des rendus
presque vaporeux créés.
Ces terres naturelles, bien qu'extraites de façon
artisanale, possèdent une tenue à la lumière
et une résistance aux ultraviolets incomparables. Pourtant
de nos jours de nombreux pigments naturels ont disparu par épuisement
de leurs gisements ou ont été proscrits en raison
de leur toxicité pour être remplacés par des
colorants de synthèse.
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