Le rôle des encres est de nous donner des sensations colorées
en stimulant de façon contrôlée les
trois types de cônes de nos yeux : les S sensibles aux
courtes longueurs d'onde, les M intermédiaires, et les
L qui captent les grandes longueurs d'onde.
Mais l'encre n'émet pas de lumière... elle absorbe
seulement une partie de la lumière
blanche qui l'éclaire, et nous voyons le reste, qu'elle
renvoie. Sur un écran, les
couleurs émises s'additionnent.
Sur le papier, elles se soustraient : chaque gouttelette d'encre
prélève une partie de la lumière qui lui
parvient, selon sa couleur. Une tache d'encre bleue... les grandes
longueurs d'onde sont absorbées. Une tache jaune... les
plus longues et les plus courtes disparaissent. Superposons les
deux : seule une petite bande, entre le bleu et le jaune, parvient
encore à s'échapper : la tache apparaît verte.
Pour activer sélectivement les cônes, il nous faut
trois encres de couleur. Mais pas question que chacune n'affecte
qu'un type de cône, comme les rayons rouge, vert et bleu
des écrans : si l'une, par exemple, ne stimulait que les
cônes S et une autre que les M, la superposition des deux
ne donnerait que du noir ! Il faut au contraire que chacune soit
visible pour deux familles de cônes : une encre absorbe
la lumière à laquelle sont sensibles les S (et ne
stimule donc que les M et les L) ; une autre absorbe la lumière
détectée par les M (mais stimule les S et les L)
; la dernière absorbe la lumière que voient les
cônes L (et n'est vue que par les S et les M). En les combinant
par deux ou trois, on peut alors obtenir toutes les combinaisons
de stimulations souhaitées : toutes les couleurs !
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