| |
Les petits revendiquent de toute façon autant le droit de ne rien faire que celui de tout faire. Un jour ils se passionnent pour le tir à l’arc, le lendemain pour la photo, le surlendemain ils pleurent pour arrêter le taï-chi… et on ne sait plus où donner de la tête. Il ne paraît pas raisonnable, même si on en a les moyens, de dire oui aux caprices, de couvrir des absences injustifiées, de tolérer des interruptions subites. On ne se lance ni d’autorité ni à l’aveuglette : ce qui a séduit l’aîné ne séduira pas forcément le cadet, ce qui semble super sur la brochure se révèle décevant sur le terrain... Que dire encore des répétitions, tournois, représentations, exercices (une demi-heure de pratique instrumentale par jour en plus des devoirs) qui s’additionnent aux séances hebdomadaires et bouleversent jusqu’à gêner les sorties familiales ou (pire) la scolarité ?
Quand on s’engage dans une activité, c’est pour toute l’année. Le terme engagement est à souligner. Il implique de peser le pour et le contre avant de choisir. Il concerne les jeunes qui prouveront leur sérieux, leur motivation, leur résistance. Il demeure valable pour les parents. Ils ne projetteront pas leurs envies ou frustrations, optant pour le sport qu’ils n’ont pas pu pratiquer dans leur jeunesse ou un instrument qu’ils jugent plus noble que celui désigné par leur bambin. Leur rôle sera d’encourager avec sincérité. Ils assisteront aux concerts, récitals, expositions. Ils participeront aux arbitrages, confections de décors, installations des agrès. Ils filmeront « avec amour » les prestations de leurs vedettes chéries et exposeront leurs médailles dans le salon… Ils s’investiront objectivement, remettant les pieds sur terre et cultivant le fair-play: perdre la partie n’est pas grave si on s’est appliqué, l’essentiel c’est de se divertir…
Le bon choix d’un hobby repose en définitive sur :
- - le caractère : les sports de combat (boxe, karaté, judo, taekwondo) canalisent l’énergie débordante des garçons, les arts (dessin, chant) attirent les filles ;
- - les besoins : la natation apaise les douleurs de dos, le théâtre aide les « timides » à surmonter leur handicap, le yoga modère les « énervés », le handball oblige à courir et favorise la perte de poids ;
- les conséquences : la batterie va énerver les voisins, un violoncelle se transporte difficilement
- - l’âge : si la danse est ouverte à tous dès 3 ans, tennis ou foot accueillent des débutants de 6 ans ; commencées trop tôt ou inadaptées, quelques occupations entraînent des blessures ou dérèglent la croissance (gymnastique, rollers, musculation) ;
- - les finances : au montant des cours s’ajoute celui des équipements (costumes, uniformes, instruments), des déplacements éventuels (frais de voyage, d’hébergement), des adhésions aux ligues ou clubs… Pour deux heures par semaine, la dépense moyenne annuelle s’échelonne de 80 euros dans une association municipale (subventions pour les foyers aux revenus limités) à 2000 euros en centre privé (équitation et voile notamment coûtent très cher) ;
- - les disponibilités : attention aux horaires tardifs (18 h-20 h) en semaine qui font se coucher trop tard les veilles de classe, aux enchaînements trop rapides (percussions, hockey et chinois dans la même journée), aux empiétements sur les vacances ;
- - les objectifs : corriger un défaut (l’escrime rend adroit et harmonieux dans l’espace, le mime fait taire les grands bavards), valoriser une qualité (jonglage et bricolage comblent les « doigts de fée »), oublier les échecs scolaires (évoluer dans une collectivité où les notes n’existent pas soulage les élèves en difficulté).
Mieux vaut dans ces conditions assister à divers cours d’essai et comparer les structures d’enseignement, quitte à changer au bout d’un an, au rythme de la progression, des attentes, des exigences qui se modifient. Entre la rigidité académique d’un conservatoire et la légèreté ludique d’une troupe d’amateurs, il y a de multiples formules correspondant aux nombreux profils des sportifs, acteurs, musiciens, dessinateurs en culottes courtes.
En définitive, « l’après-école » n’a pas à induire d’énervement ou de frustration. Les enfants, soutenus par leurs parents, ne se consacreront qu’à un seul devoir, une seule activité : s’épanouir!
|