Plutôt que de punir nos enfants (de quelque manière que ce soit), apprenons-leur ce que nous attendons d’eux. Les règles doivent être simples, compréhensibles (en fonction de l’âge) et admises par les jeunes. Expliquons les raisons de leur existence: « Ne marche pas au bord de la route car une voiture qui passe trop près pourrait t’écraser », « Ne traîne pas en sortant de l’école car je m’inquiéterai forcément ; je ne peux pas savoir si tu es parti jouer chez un copain ou si tu as eu un accident. Si tu veux aller chez Antoine, tu dois me prévenir avant ou me téléphoner aussitôt que tu arrives chez lui », «Fais attention au jeu que t’a prêté Marie : tu n’aimerais pas qu’elle te casse les jouets auxquels tu tiens», «Ne fais pas de bruit quand ton père dort : il a besoin de se reposer pour être en forme et pendant qu’il dort, nous pouvons en profiter pour être tous les deux»…
Ce type d’éducation ne s’arrête pas à l’adolescence, au contraire. Il faut développer les explications. Si nous accordons davantage de liberté, nous devons insister sur les limites infranchissables: « Tu peux aller chez ton copain ou ta copine en sortant du lycée à condition de revenir pour le dîner à 19 h et dans ce cas tu étudies tes cours après le repas », « Je veux savoir où tu te trouves et comment te joindre: si tu ne reviens pas manger à la maison, si tu es en retard, préviens impérativement, au moins 1/4 d’heure avant le repas et demande la permission… ».
Ces exigences sont normales. La maison n’est ni un hôtel ni un restaurant où on vient quand on en a envie. Les parents ne sont pas de simples surveillants mais des personnes aimantes qui s’inquiètent pour leurs enfants. Ces derniers doivent donc prendre en compte le reste de la famille. Quand ils vivront seuls, ils pourront tout à loisir rentrer chez eux à 3 heures du matin, sans avoir prévenu. Cependant, tant qu’ils vivent sous notre toit, ils devront respecter ceux qui y habitent.
Et ne craignons pas de leur donner des responsabilités adaptées à leur âge, en précisant : « Je te fais confiance, tu vas seul chez ta grand-mère mais tu es prudent en traversant et tu ne fais pas le fou sur le trottoir ». Le fait de dire «Je te fais confiance» permet d’enclencher le processus de responsabilisation. Évitons également de faire à leur place de peur qu’ils ne cassent, qu’ils n’échouent : puisque les écueils sont inévitables au début, au lieu de reprendre tout de suite la main, affirmons que ce n’est pas grave, répétons comment faire et ne ménageons ni nos remerciements ni nos félicitations.