Punition ?
 

 

Que faire lorsqu’un jeune désobéit ? Laisser « couler » ou punir ? Tout dépend bien sûr de la faute. Si dans un moment de colère, il jette tout ce qu’il trouve sur son passage, mieux vaut d’abord lui imposer de s’isoler : c’est nécessaire pour qu’il retrouve son calme. Ensuite, il devra admettre qu’il est responsable de ses actes et assumer ses bêtises en les réparant ou en les compensant (éventuellement par le biais d’un travail, d’un service). Ce n’est pas aux parents de passer derrière lui pour effacer ses erreurs. La moindre transgression de nos enfants appelle une réaction de notre part : pas nécessairement une punition lourde ; une remontrance, la privation d’une activité ou d’un objet auquel ils tiennent (console, téléphone) font vite effet. Et surtout, avant de sévir, mettons-nous d’accord entre parents: si l’un prend la décision de punir, l’autre ne câlinera pas, ne lèvera pas la punition car les jeunes en profiteront pour s’engouffrer dans la faille. Faisons bloc ensemble en toutes circonstances. Évitons de créer le couple « un bon - un méchant » où ce dernier a toujours le mauvais rôle. Adoptons une position concordante qui empêchera nos enfants de se sentir déstabilisés. Si un seul parent sanctionne, il prendra par la suite le temps de s’expliquer pour dédramatiser l’instant lié à la punition. Une fois les jeunes calmés, une fois la bêtise réparée, il est toujours bon de parler avec eux pour terminer sur une note positive : « Il n’est pas acceptable que tu aies une pareille conduite, j’espère que tu l’as compris. Tu es gentil et je t’aime beaucoup. Je ne voudrais pas qu’il t’arrive quelque chose ni que tu prennes de mauvaises habitudes. Maintenant que la situation est réglée, on va pouvoir aller manger/jouer/se promener… tranquillement ». Une conversation posée permet de retrouver son sang-froid et d’évacuer sa colère.

Répression ou compliment ?
 

 

Ne laissons pas faire nos enfants à leur guise, au risque d’être dépassés et de devoir agir avec sévérité pour les remettre dans le droit chemin. Il faut recourir à la parole et à la punition avec parcimonie. En effet, utilisées de manière répétée, les critiques font croire aux enfants qu’il leur est impossible de nous satisfaire: «Rien de ce que je fais n’est jamais bien! ». Il leur arrive alors de perdre espoir ou de rechercher notre attention (qu’ils perçoivent comme une preuve d’amour) en bravant les interdits. Mais il y a un moyen très efficace pour les accompagner sur la bonne voie : les féliciter à chaque fois qu’ils font quelque chose de bien. Ils ont besoin de savoir qu’ils existent à nos yeux. S’ils n’entendent que des réprimandes, ils auront une piètre image d’eux-mêmes. En insistant sur ce qu’ils réussissent, sans occulter entièrement leurs bêtises, ils feront mieux la différence entre le bien et le mal et ils se corrigeront plus facilement. D’instinct, ils rechercheront les compliments plutôt que les critiques. Rappelons-nous : «On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre! ».

D’une manière générale, les extrêmes (trop de sévérité, de laxisme ou d’interventionnisme) ne sont pas recommandés. Un juste milieu, une éducation équilibrée sont de loin préférables. Il s’agit moins d’élever des enfants obéissants ou « casse-cou » que de leur apprendre à se comporter correctement en accord avec leur libre arbitre et en s’adaptant aux contraintes sociales élémentaires.

Au total, l’éducation parfaite n’est qu’un mythe. Chaque parent a la sienne et personne n’est à l’abri des erreurs. À nous donc de nous corriger pour offrir à nos enfants les moyens de s’épanouir en toute sérénité.

 
 
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