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« Sexe »: entre rires gras, yeux grivois, malaise ou regards gênés, voilà un mot qui éveille autant de curiosité que de craintes. Selon les âges, les expériences, les convictions… le terme choque, intrigue, amuse, effraie, fait rêver. Il amène dans son sillage une foule de questions d’abord mignonnes chez les petits («Comment se fabriquent les bébés ?» « Il la met où la petite graine le papa? ») puis embarrassantes avec les grands (« Qu’est-ce qu’un orgasme? » « Ça fait mal la première fois ? ») enfin angoissantes pour les parents (« A-t-elle sauté le pas? » « A-t-il pensé au préservatif? »)… Le sujet demeure délicat, relevant d’une part du secret de l’intimité de chacun, d’autre part de la nécessité d’informer le plus grand nombre sur les risques de MST, de grossesse, de violence.
Ainsi, les adultes louvoient toujours entre discussions franches à propos des phénomènes sexuels (les organes génitaux, la reproduction, les cycles menstruels) et silences voire tabous sur l’acte sexuel en soi (virginité, gestes tendres, plaisir). De toute façon, avec la télévision, les brochures distribuées en classe, les cours de SVT, les livres disponibles, les opérations de sensibilisation… l’essentiel paraît dit.
Oui mais trop vite, trop fort, trop abondamment.
À tel point que les jeunes s’y perdent, ne font plus attention, mélangent vérité et idées préconçues: ils confondent amour et contraception, ils imaginent qu’il est impossible de tomber enceinte pendant les règles, ils associent les images pornographiques à la réalité, ils pensent que la pilule protège des maladies… Quant aux familles, elles ne sont malheureusement pas en reste, préférant se taire au prétexte que parler du sexe revient à l’encourager. Combien de parents, pourtant « pas dupes », font mine d’ignorer que leur progéniture est passée à l’acte et prétendent qu’elle attendra – comme eux! – le mariage?
Or, éluder la question ne l’élimine pas, au contraire. À 17 ans, 37,3 % des garçons contre 22,4 % des filles ont déjà eu des relations sexuelles. Et 60 % de ces adolescents connaissent leur première expérience pendant les vacances (1). Le temps est donc venu de parler un peu…
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