Lire : comme si c’était aussi simple !
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Illustration Apprendre à lire aujourd’hui

En 2002, une réforme de Luc Ferry insiste sur la nécessité d’agir sur le décodage, sur la compréhension, sur la pratique de l’écriture ainsi que sur l’accompagnement de l’élève dans la culture de l’écrit. Cette réforme, préparée pendant le ministère de Jack Lang, ne fait qu’entériner le constat que, dans leur très grande majorité, les enseignants avaient déjà effectué : aucune méthode en elle-même ne garantit le succès, l’apprentissage de la lecture est une activité complexe qui ne peut se réduire à la mise en œuvre d’une seule de ses composantes. Une méthode qui s’entête à refuser de travailler sur le déchiffrage ne fonctionne pas. Une méthode qui mise tout sur le déchiffrage fait que l’élève est capable d’assembler les lettres pour former des syllabes sans pour autant savoir « lire ».

Sauf dans des cas marginaux, donc, les enseignants abordent aujourd’hui l’apprentissage de la lecture comme une activité qui réclame d’agir dès la grande section de l’école maternelle sur tous les aspects énumérés dans les programmes de 2002. L’essentiel se joue dans la variété des activités que les enseignants mènent dans leur classe pour mettre chaque élève en mesure d’acquérir la maîtrise des opérations qui lui permettront d’une part de déchiffrer les mots qu’il connaît et ceux qu’il ne connaît pas, et d’autre part d’établir un lien entre les éléments qu’il identifie pour accéder au sens.
La méthode globale « à la française », qu’on évite d’ailleurs de nommer ainsi pour écarter tout risque de confusion, recourt en réalité au décodage et au travail sur les syllabes au sein  de situations diversifiées et interactives, capables de solliciter toutes les ressources des élèves. Ce n’est ni de la technique pure ni de l’art, c’est de la pédagogie.

 

 
 

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Le rapport de l’Inspection générale publié en mai 2004 et portant sur « La mise en œuvre du plan de prévention de l’illettrisme au cours préparatoire en 2003-2004 » constate que « La découverte de la liaison phonème/graphème n’occupe toujours pas la place nécessaire ». Mais il remarque pourtant que « Les observateurs ont pu assister dans la très grande majorité des CP à des séances associant, comme il se doit, reconnaissance de sons, discrimination visuelle de lettres et lecture à haute voix ». Par ailleurs, si le rapport regrette que les albums de lecture « ne se prêtent pas à une progression structurée des sons étudiés » il met aussi l’accent sur l’insuffisance de la liaison entre l’apprentissage de la lecture et des pratiques de l’écriture qui « évoquent davantage la calligraphie qu’un travail de fixation des relations graphèmes-phonèmes. La copie et la dictée de mots et de syllabes demeurent aussi rares dans les classes que l’écriture inventée (recherche de la manière de coder un mot), qui constitue pourtant un moment intéressant de réflexion sur la langue. »
http://www.education.gouv.fr/syst/igen/rapports.htm  

On voit que la mauvaise assimilation des méthodes phoniques des années 1970 est tout autant dénoncée que les exercices formels venant d’une tradition qui accorde une place marginale à l’activité et à l’invention des élèves.
Où sont les ravages de la « méthode globale » ?

 

Picto

Les recommandations adressées aux enseignants devraient insister sur « ce qu’ils n’ont pas le droit de ne pas enseigner ». Par exemple, ne pas exclure l’enseignement explicite des correspondances grapho-phonologiques, ne pas négliger les tâches d’écriture dès le début de l’apprentissage, ne pas remettre le travail d’enseignement de la compréhension à plus tard, ne pas réserver l’accès au livre aux seuls élèves capables de lire de manière autonome ou qui auraient fini leur travail avant les autres, etc..

Roland Goigoux, http://education.devenir.free.fr

 



PuceCe que veut l’actuel ministre

Gilles de Robien entend imposer un apprentissage par étapes qui, plaçant le déchiffrage du code avant l’accès au mot et au sens, interdit toute approche combinée de la lecture (circulaire du 5 janvier).

Le ministre reviendrait donc au B -A BA de nos parents et de nos grands parents qui, la plupart du temps, découvraient l’écrit en entrant à l’école. Or, nous vivons aujourd’hui dans un monde où l’écrit fait partie de notre environnement quotidien. L’enfant aura rencontré les mots sur les enseignes de magasins, sur les panneaux publicitaires, à la télé, sur les emballages, les affiches, panneaux, journaux etc. Dès la petite section de maternelle, il est amené à reconnaître son nom. Comment l’empêcher d’avoir une perception globale de ce qui l’entoure ? Comment empêcher les enseignants de prendre en compte cette réalité ?

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L'école enfin expliquée aux parents (et aux autres)

Ce dossier, revu et augmenté, constitue un chapitre de L'École enfin expliquée aux parents (et aux autres) publié aux éditions Stock en partenariat avec Curiosphere.tv


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