Lire : comme si c’était aussi simple ! 
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PuceIllustrationCe qui se fait ailleurs

Pour appuyer sa volonté de revenir à la méthode ancestrale, le ministre cite entre autres le Royaume Uni et la Finlande.

Or, il faut savoir que si le débat concernant le choix entre « global » et « syllabique » est extrêmement fort dans les pays anglo-saxons, il est totalement absent du paysage finlandais. La raison en est simple : alors qu’en finnois, chaque graphème correspond à un phonème, il faut 1100 graphèmes en anglais pour transcrire 40 phonèmes ( 130 graphèmes pour 35 phonèmes en français),  (André Ouzoulias, www.cafepedagogique.net). La méthode syllabique est immédiatement rentable dans le cas finlandais mais demande une somme considérable d’apprentissages et de désapprentissages en anglais.

Une méthode globale appliquée selon les principes d’ O. Decroly permet, dans les pays anglo-saxons, d’économiser les efforts démesurés pour assimiler toutes les nuances d’un code aussi compliqué, mais elle apparaît pourtant moins performante que les méthodes qui enseignent le code de manière systématique. D’où les très nombreuses études anglo-saxonnes et la décison récente du ministère de l’éducation britannique d’imposer la méthode syllabique sans que l’on ait pourtant tiré toutes les conclusions des progrès réalisés à la suite de la généralisation de la méthode « Searchlight » qui s’appuie sur des entrées multiples dans la lecture…

Il faut savoir aussi que le système scolaire finlandais a mis en œuvre les principes pédagogiques de Célestin Freinet qui s’appuient sur l’activité et la responsabilisation des élèves. Aussi, l’esprit dans lequel, en Finlande, on  emploie la méthode syllabique est fort éloigné de celui que certains de ses partisans en France n’hésitent pas à assimiler à du « dressage ».  Les jeunes Finlandais abordent l’apprentissage méthodique de la lecture à sept ans après une longue période où ils sont familiarisés avec une culture de l’écrit omniprésente. Opposer la « méthode globale » à la « méthode syllabique » n’a pour eux aucun sens. La plupart des spécialistes français ne disent pas autre chose même si notre système grapo-phonologique est plus complexe que celui du finnois.

 
 
 
 

Picto« […] l’étape technique de l’accès au savoir lire (ou phase de maîtrise) est préparée ou conditionnée par une étape conceptuelle (ou phase de compréhension) : avant de — ou afin de — savoir lire, l’enfant apprenti lecteur a besoin de comprendre l’écriture et la lecture. Il lui faut acquérir trois compétences de base : élaborer un projet personnel de lecteur (niveau culturel), saisir la nature alphabétique (grapho-phonique) de notre système d’écriture (niveau linguistique) et comprendre l’acte de lire ou la manière d’être lecteur (niveau stratégique). »

Gérard Chauveau, extrait de l’article « Des difficultés de lecture avant six ans », Cahiers pédagogiques, « Apprendre à lire, quoi de neuf ? », N° 422, mars 2004.


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L'école enfin expliquée aux parents (et aux autres)

Ce dossier, revu et augmenté, constitue un chapitre de L'École enfin expliquée aux parents (et aux autres) publié aux éditions Stock en partenariat avec Curiosphere.tv


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