Lire : comme si c’était aussi simple !
logo

Illustration Puce  La méthode mixte


Le travail de répétition mécanique que la méthode syllabique supposait a été secondé, dans les années 1960, par une mise en situation des lettres et des syllabes à l’intérieur de courtes phrases illustrées. Moyennant quoi, le travail d’identification du code alphabétique prenait place dans un contexte qui évoquait la lecture de scènes familières.
Ainsi, la méthode mixte a pu associer à différents degrés une première approche globale de l’écrit, demandant aux élèves de mémoriser des mots et de courts textes avant de les amener à les déchiffrer en utilisant la méthode syllabique.

La « méthode mixte » permet de solliciter plusieurs formes de compréhension mais peut présenter l’inconvénient d’entraîner l’enfant dans des logiques qu’il risque de vivre comme contradictoires. Il peut en effet se décourager si on lui demande, du jour au lendemain, d’abandonner la mémorisation qu’il prenait pour de la lecture afin d’affronter ces nouvelles difficultés que sont le déchiffrage des lettres et la formation des syllabes.


PuceLa méthode phonique


Le second inconvénient de la méthode syllabique est qu’elle établit une correspondance directe entre la lettre et le son alors que le son/o/par exemple peut s’écrire O, AU, EAU, sans parler des associations de consonnes comme CH, GN etc.. et des mots comme oiseau dont on n’entend aucune des lettres prises isolément puisqu’il se prononce [wazo].
À partir des années 1970, l’apprentissage de la lecture ne se fait donc plus à partir des lettres mais à partir des sons (les phonèmes) qu’on associe aux différentes façons de les transcrire par écrit (les graphèmes). Même si plusieurs graphies identiques peuvent correspondre à des phonèmes différents – comme c’est le cas pour "tient", "retient", "patient", "balbutient "– il s’agit alors d’isoler ces phonèmes à l’intérieur d’un énoncé oral pour les reconnaître dans un énoncé écrit.
On accède ainsi peu à peu aux mots et aux phrases. Cette nouvelle approche s’insère dans une pédagogie qui donne désormais plus de place aux activités qui permettent de diversifier les productions écrites et orales des élèves à l’intérieur de situations de communication motivantes.
Cette méthode phonique adopte la même logique synthétique que la méthode syllabique. Elle consiste à assembler des éléments isolés pour constituer des ensembles de plus en plus grands. Mais elle s’est mise un peu plus à la portée des enfants en se souciant de la manière dont, avec leurs moyens, ils perçoivent la lecture et l’écriture.


PuceLa méthode idéo-visuelle


On confond souvent la méthode globale et la méthode idéo-visuelle. Cette dernière est apparue en France après les années 1970 sous l’impulsion de Jean Foucambert.

Au contraire des autres méthodes, la méthode idéo-visuelle s’en tient exclusivement à l’identification des formes écrites considérées comme des unités de sens. Aucun travail sur les correspondances entre les signes et les sons n’est systématisé. La lecture se fera par reconnaissance visuelle des mots et par anticipation sur les groupes de mots qui vont suivre.
L’apprentissage du code alphabétique et orthographique passera par la production de textes courts en rapport avec le vécu de l’élève puis par l’approche progressive de textes plus complexes. C’est à cette occasion que sera travaillée l’habileté à décoder–identifier les mots et l’habileté à explorer–questionner les énoncés écrits (phrases, textes courts).
Il s’agit d’une démarche qui part de la perception d’un ensemble dont l’enfant saisit globalement le sens pour aller vers la compréhension et la maîtrise des unités de base de l’écriture.

Cette méthode n’a quasiment jamais été pratiquée. Elle présente l’inconvénient de ne pas donner la possibilité de prévoir une progression rigoureuse de l’apprentissage. Les élèves autant que l’enseignant risquent de se perdre dans le dédale de cheminements hasardeux.

Pierre Madiot, rédacteur aux Cahiers pédagogiques.

 

Précédent

Suite

L'école enfin expliquée aux parents (et aux autres)

Ce dossier, revu et augmenté, constitue un chapitre de L'École enfin expliquée aux parents (et aux autres) publié aux éditions Stock en partenariat avec Curiosphere.tv


curiosphere.tv est un site du groupe francetelevisions

Les sites du groupe France Télévisions :