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L’histoire de l’orthographe commence
au Moyen-Âge où les copistes ont dû inventer
des moyens de distinguer des mots qui, à force de subir l’usure
des emplois quotidiens, avaient fini par se ressembler. Le mot temps
s’écrivait tans
ou tens alors que tan,
probablement issu du gaulois, désignait le chêne
et que tant venait du latin tantum.
C’est ainsi qu’en remontant au latin tempus
on a, au XIVe siècle, choisi la graphie temps
qui permettait d’identifier immédiatement le mot à
l’écrit. Au XVe siècle, l’invention de
l’imprimerie généralisant les orthographes savantes
aussi bien que les erreurs, on aboutit à des anomalies durables
et parfois difficilement explicables. |
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Pour le mot dompter, par
exemple, on retient une orthographe qui a été fabriquée
sur le modèle du mot compter
alors qu’il vient du latin domitare.
On pouvait donc écrire donter
sans risquer de confusion avec un autre mot comme c’est
le cas pour compter et conter
qui sont pourtant issus tous les deux du même mot latin
computare
.En réalité, la graphie des mots se fait aussi par
dérivation ou par analogie, à partir de mots de
même racine ou de même aspect. Par exemple, on mettra
deux p à apporter
par référence au mot porter
mais on écrira apaiser
avec un seul p parce qu’il
n'existe pas de mot paiser.
À ces marques écrites qui permettent d’éviter
les confusions de sens, s’ajoutent celles qui concernent
les accords, les conjugaisons… Là encore, ce qui,
par exemple, permet aujourd’hui de distinguer à l’écrit
je cours (par référence au latin curris)
et il court (currit)
ne permet pas de distinguer je cours
et le cours (cursus)
ni de faire la différence entre il
court et le court
(de tennis), mot anglais emprunté au français à
l’époque où la cour où se tenait le
jeu de paume s’écrivait cort.
Il faut se rapporter pour cela au contexte et à la présence
du je, du il
ou du le. Ce qui se fait
sans difficulté à l’oral.
Ainsi donc, l’orthographe a évolué sous l’influence
de plusieurs codes qui se combinent sans chercher à s’accorder
: celui qui met en relation la prononciation, la graphie et le
sens, celui qui concerne l’étymologie et les analogies,
et celui qui concerne la grammaire. Et il faut compter avec le
hasard qui, en la matière, l’emporte souvent sur
la nécessité…
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L'histoire
extraordinaire du é de événement
Aux
XVIe et XVIIe siècles, les imprimeurs introduisent
de nouvelles lettres : le v se distingue du u (ville,
huile), le i se distingue du j. Mais c'est aussi
à cette époque qu'on multiplie les accents.
«
Au moment où l'Académie venait d'accepter l'accent
grave pour un certain nombre d'occurrences comme
avènement, dès que, etc. les imprimeurs disposaient
de beaucoup de é, mais ils n'avaient pas fabriqué
assez de è. Quand ils sont arrivés au mot événement,
la casse des è était vide, alors, ils ont mis un
accent aigu. Voilà une règle qui ne présente strictement
aucun intérêt, pourtant, ceux qui veillent jalousement
à son application se donnent l'impression d?être
les initiés de quelque chose de très compliqué...
Henriette
Walter, extrait de l'article "La langue se défend
très bien !" Cahiers pédagogiques, "Orthographe",
N° 440 février 2006. |
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