Certes, au moment de la lecture, nous continuons à bénéficier
des avantages que les copistes avaient tirés de la distinction
orthographique. Même si elle est excessivement compliquée,
c’est bien en effet l’orthographe qui nous permet
de discerner plus rapidement les mots écrits en nous amenant
à reconnaître la forme particulière de chacun
d’eux comme on reconnaît un objet ou un visage. C’est
elle qui nous aide à associer les mots par le jeu des accords.
L’orthographe nous guide donc plus vite vers le sens.
Mais au moment de l’écriture, il faut mobiliser
une somme énorme de particularités graphiques et
de marques grammaticales qu’on n’entend pas à
l’oral et dont la cohérence – voire l’utilité
– est loin d’être toujours évidente.