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Cette question hante parents et professeurs. À coup d’enquêtes
plus ou moins sérieuses, on nous prouve à longueur
de temps que le niveau n’a jamais été aussi
bas.
Eh bien, oui, les performances en orthographe des élèves
ne sont plus ce qu’elles étaient... À en croire
les déclarations qui émaillent l’histoire de
l’école, elles ne l’ont d’ailleurs jamais
été ! L'orthographe de l’Académie avait
à peine été imposée dans les écoles
que le niveau commençait à baisser. En 1864, le doyen
de la faculté des sciences de Lille, Gérardin, écrit
à propos du baccalauréat :
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« Les copies fourmillaient encore
de fautes de langage et d’orthographe ; il semblerait que,
dans nos lycées, on n’apprenne plus la langue française
».
Or, à cette époque, seulement 1 % de la classe d’âge
est candidat au bac. Les mêmes constats navrés se répètent
d’année en année depuis près de deux
siècles… Depuis tout ce temps, il ne devrait rien rester
de notre pauvre orthographe, et la langue française elle-même
aurait dû devenir méconnaissable sous la pression des
déformations, du laxisme, de l’invasion des emprunts
étrangers… et des tout récents modes d’écriture
imposés par les supports comme internet ou le téléphone
mobile.
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Il faut d’abord rappeler qu’aux temps
bénis invoqués par ceux qui dénoncent «
le déclin » ou « l’abandon » de la
langue, on était très loin d’une orthographe
maîtrisée par tous puisque, « dans les années
1950, 70 % des élèves sortaient de l’école
primaire sans pouvoir entrer au secondaire, 50 % ne réussissaient
pas le Certificat d’études primaires. »
Mais si elle a changé d’une manière intolérable
aux yeux de ceux qui étaient nourris de latin, d’une
façon insupportable pour ceux qui se servaient encore de
l’imparfait du subjonctif, la langue reste un instrument dont
les codes continuent à être assez partagés pour
permettre une communication efficace. Bien plus : même si
les thèmes et le style des textes de Molière sont
très éloignés de nous, sa langue est encore
tout à fait accessible. |
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