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Les adultes que nous sommes nous souvenons bien peu de la manière
dont nous avons appris l’orthographe. Que nous la maîtrisions
ou pas, elle semble faire partie de notre histoire personnelle comme
la langue fait partie de notre identité. Pourtant, depuis
le cours élémentaire jusqu’à la classe
de troisième, c’est huit ans de notre scolarité
qui ont été consacrés à l’apprendre
de façon méthodique. Sans compter les années
de lycée, d’université ou simplement de pratique professionnelle au cours desquelles chacun
a continué à l’assimiler tout en sachant que
personne ne pourra jamais prétendre la connaître parfaitement.
Et on sait bien que les exercices systématiques et répétitifs
n’ont jamais suffi à faire qu’en situation de
production, la faute soit évitée.
L’acquisition de l’orthographe est donc le résultat
d’une longue maturation et d’une adhésion profonde
à la norme linguistique qui est aussi le signe d’une
intégration sociale.
C’est pourquoi il est apparu très tôt que la
répétition et la mémorisation ne pouvaient
permettre d’enseigner l’orthographe et la langue si
on ne sollicitait pas aussi l’activité, la réflexion
et la responsabilité des élèves.
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