| Le premier donne à la dictée
une portée qui dépasse largement le cadre de l’orthographe
puisqu’elle permettrait, selon l’auteur, de constater
le « degré d’instruction » des
écoliers. Le second, au contraire, met en garde contre l’illusion
de croire qu’il suffit de connaître l’orthographe
pour connaître la langue.
Dans un cas, il s’agit d’instituer ce moment privilégié
de l’enseignement, où, sous la dictée du maître,
toute la classe silencieuse se trouve confrontée à
la reproduction du texte d’un auteur prestigieux. La correction
de l’orthographe se confond alors avec la connaissance de
la langue, le silence avec l’attention, l’autorité
avec la pédagogie.
Dans l’autre cas, il s’agit de faire de la dictée
une occasion de se confronter à un texte préalablement
expliqué et commenté, pour vérifier les capacités de chacun à le comprendre
et à bien l’orthographier. Pour cela, Charles Defodon
fait du travail sur l’orthographe un des multiples moments
du travail sur la langue et préconise plus loin «
des exercices tout autres, comme la conversation entre le maître
et l'élève, comme la lecture, comme la composition,
de quelque nature qu'elle soit, orale ou écrite. »
Il y a peu de temps, nous n’imaginions pas que nous en
reviendrions à ce débat du XIXe siècle !
D’un côté François Fillon, sous la pression
de collectifs qui se réclament de la philosophie de J Dussouchet,
a souhaité le retour aux « bonnes vieilles méthodes
qui ont fait leurs preuves », c’est-à-dire
à la dictée dans sa version magistrale, tandis que
la majorité des enseignants préfère varier
les situations de réflexion, de manipulation et de création
sans enlever à la dictée le mérite d’être
un bon moyen de contrôle.
|
|