| |
Comment
l'orthographe vient aux enfants ? |
| |
 |
|
| |
|
|
| |
L'orthographe à l'école,
aujourd'hui |
|
| |
 |
La dictée |
|
|
|
| |
Dans la première édition de Dictionnaire
de pédagogie d'instruction primaire de F. Buisson
(1887) nous trouvons deux articles contradictoires :
|
|
|
| |
|
|
| |
| Deux
extraits de la première édition du
Dictionnaire de pédagogie d'instruction
primaire de F. Buisson, Hachette 1887 :
Cet
exercice [la dictée] tient à juste
titre le premier rang dans nos écoles : c'est
celui qui apprend le mieux notre langue aux élèves,
en les mettant aux prises avec ses difficultés
; c'est celui qui sert à constater les progrès
des écoliers dans les classes, leur degré
d'instruction dans la plupart des examens. Dès
que les enfants savent copier correctement une page
de français, il faut leur apprendre à
écrire sous la dictée, et cet exercice
devrait, selon nous, les suivre jusqu'à la
fin de leurs études.
J.
Dussouchet, article « Dictée »,
tome I de la deuxième partie.
On
peut, jusqu'à un certain point savoir comment
s'écrivent les mots d'une langue, et se méprendre
parfaitement sur le sens de ces mots, c'est-à-dire
sur leur rapport avec l'idée qu'ils expriment
; ignorer surtout l'art de s'en servir soi-même
pour rendre ses propres idées .
Charles
Defodon, article « Dictée » tome
I de la première partie. |
|
|
|
|
| |
| |
|
Le premier donne à la dictée
une portée qui dépasse largement le cadre de l’orthographe
puisqu’elle permettrait, selon l’auteur, de constater
le « degré d’instruction » des
écoliers. Le second, au contraire, met en garde contre l’illusion
de croire qu’il suffit de connaître l’orthographe
pour connaître la langue.
Dans un cas, il s’agit d’instituer ce moment privilégié
de l’enseignement, où, sous la dictée du maître,
toute la classe silencieuse se trouve confrontée à
la reproduction du texte d’un auteur prestigieux. La correction
de l’orthographe se confond alors avec la connaissance de
la langue, le silence avec l’attention, l’autorité
avec la pédagogie.
Dans l’autre cas, il s’agit de faire de la dictée
une occasion de se confronter à un texte préalablement
expliqué et commenté, pour |
|
| |
vérifier les capacités de chacun à le comprendre
et à bien l’orthographier. Pour cela, Charles Defodon
fait du travail sur l’orthographe un des multiples moments
du travail sur la langue et préconise plus loin «
des exercices tout autres, comme la conversation entre le maître
et l'élève, comme la lecture, comme la composition,
de quelque nature qu'elle soit, orale ou écrite. »
Il y a peu de temps, nous n’imaginions pas que nous en
reviendrions à ce débat du XIXe siècle !
D’un côté François Fillon, sous la pression
de collectifs qui se réclament de la philosophie de J Dussouchet,
a souhaité le retour aux « bonnes vieilles méthodes
qui ont fait leurs preuves », c’est-à-dire
à la dictée dans sa version magistrale, tandis que
la majorité des enseignants préfère varier
les situations de réflexion, de manipulation et de création
sans enlever à la dictée le mérite d’être
un bon moyen de contrôle.
|
|
|
| |
|
|
| |
| «
L’école primaire s’arrête
trop tôt, et son enseignement, tout élémentaire,
perd beaucoup de sa valeur, parce que l’orthographe
est le but suprême, et presqu’unique.
L’enfant n’apprend guère là
que la forme extérieure de la langue ».
F.
Brunot et C. Bruneau, Précis de grammaire
historique de la langue française, Masson
1956.
|
|
|
|
|
| |
| |
|
Ce dossier, revu et augmenté, constitue un chapitre de L'école enfin expliquée aux parents (et aux autres) publié aux éditions Stock en partenariat avec Curiosphere.tv
|
|
|
|