AFEV Dossier 02 - L'illettrisme
L'illettrisme
Sur le terrain
>L'afev agit
 
Puce titre À Valenciennes :  
  auprès d’enfants en grande section de maternelle  
     
 
Des étudiants bénévoles viennent chaque semaine lire des histoires à des tout-petits, développer le goût du livre et le plaisir de lire en famille afin de favoriser l’appétit et la curiosité pour l’écrit.
 
Puce titre À Toulouse :  
  avec les enfants  
     
 
Comment appréhender la ville quand on ne sait pas la lire ? Des enfants, encadrés par des étudiants, construisent, sous forme de petits livres, des outils de sensibilisation à l’illettrisme pour leurs pairs.
La malle pédagogique : en partenariat avec la Jeunesse au plein air (JPA), des étudiants mènent des actions d’incitation à la lecture dans des écoles primaires.
 
Puce titre À Lyon :  
  auprès d’adultes  
     
 
En partenariat avec l’association “Réussir l’insertion à Bron”, les étudiants proposent un suivi individuel axé principalement sur le développement des compétences de communication orale de personnes migrantes, scolarisées ou non dans leur pays d’origine.
À la régie de quartier de la Duchère (9e arrondissement de Lyon), une aide individualisée dans l’apprentissage du français oral et écrit est proposée à des personnes d’origine étrangère salariées de la régie.
 
Puce titre À Toulouse :  
  auprès de jeunes adultes  
     
 
Un suivi étudiant est proposé en complémentarité avec les missions locales en direction des jeunes adultes pour lesquels les difficultés à l’écrit représentent un frein à l’insertion sociale et professionnelle.
 
Puce titre À Chambéry, Marseille et Avignon :  
  auprès de jeunes adultes, en partenariat avec “Savoirs pour réussir  
     
 
Un suivi individualisé assuré par les étudiants bénévoles est proposé aux jeunes dont les difficultés sont repérées au cours des journées d’appel et de préparation à la défense.
 
 
>Reportage : Vu de Belgique
 
Puce titre Quand les illettrés se font écrivains  
  Par Paul Falzon-Monferran  
 
 
Tout près de Bruxelles, un projet original mêlant écriture et arts plastiques, lettrés et illettrés, a abouti à la publication de dix livres, tous adaptés à l’apprentissage de la lecture.
  La plupart d’entre eux maîtrisaient à peine la lecture lorsque le projet “Entre mots” a été lancé, en 1998. Aujourd’hui pourtant, les adultes membres de l’atelier d’écriture et d’arts plastiques des Ateliers de la Banane, situé à Saint-Gilles, une petite commune de la région de Bruxelles-Capitale, n’ont pas moins de dix livres à leur actif.
Rassemblement d'étudiants


Dix beaux petits ouvrages1 où se mêlent textes courts et dessins, vie quotidienne et poésie. « L’atelier se réunit tous les mercredis soirs. Au départ, aucun des participants n’avait de formation artistique. Certains étaient non lettrés, d’autres lettrés ; les origines et les professions étaient diverses. Il s’agissait donc de publics très différents. Grâce à ce projet collectif, les participants ont appris ensemble, par la pratique, l’échange et la confrontation », explique l’une des coordinatrices, Mariska Forrest. Quand cette dernière, plasticienne de formation, rejoint le projet en 1999, l’atelier ajoute à l’écriture d’autres pratiques comme la gravure, la peinture ou la photographie. Puis, une ou deux fois par an, l’atelier se lance dans un projet de livre et d’exposition.

Commence alors une phase de créativité, menée avec des artistes professionnels. « Durant des années, les essais s’accumulent. Les consignes permettent de jeter des ponts entre écriture et arts plastiques. Parfois, les deux disciplines se recoupent et s’entrechoquent, avant un travail d’évaluation qui précise le projet », indique Mariska Forrest. Ces “ponts” entre écriture et arts plastiques sont déterminants. « Pour les gens qui ne maîtrisent pas la lecture, et qui le vivent comme un échec, la pratique de l’art redonne confiance : quand il s’agit de dessiner, les analphabètes2 montrent souvent des compétences que les lettrés n’ont pas», note Michèle Minne, de la cellule “alphabétisation” de la Communauté française de Belgique.
Signe de la qualité du travail accompli, les gravures produites par l’atelier ont même été exposées dans un centre culturel à Bruxelles.

 

Les livres de la collection “Entre mots” sont, eux, devenus une référence dans les cours d’alphabétisation de Belgique francophone. « Quand les adultes analphabètes cherchent des livres, ceux destinés aux adultes leur semblent trop difficiles, et ceux écrits pour les enfants ne sont pas valorisants. Là, on a un outil d’apprentissage adapté, qui plus est conçu par des apprenants eux-mêmes », se félicite Michèle Minne.

Après avoir longtemps laissé l’initiative aux associations, qui gèrent encore neuf cours d’alphabétisation sur dix, les pouvoirs publics belges ont lancé ces dernières années une vaste campagne d’alphabétisation. Il faut dire que la situation est aussi inquiétante qu’en France : entre 7 et 14 % de la population de Wallonie-Bruxelles présenteraient de sérieuses difficultés face à l’écrit. Le problème concerne surtout les personnes étrangères, qui représentent 87 % du public pris en charge à Bruxelles. Parmi ces étrangers, les deux tiers sont des femmes. La prise de conscience des pouvoirs publics, concrétisée avec la création d’une cellule "alpha" impliquant les différents ministères et institutions locales, a permis d’améliorer l’aide en mettant en place une politique effective dotée de moyens conséquents. Mais ces moyens restent insuffisants : entre 2000 et 3000 demandes seraient aujourd’hui insatisfaites. On est encore loin du droit à l’alphabétisation pour tous.

 

1.Tous édités par les Ateliers de la Banane, association sans but lucratif reconnue par le ministère de la Communauté française de Belgique, direction générale de la culture.
Contact: bananeatelier@swing.be
Références disponibles sur le site www.collectif-alpha.be

2.En Belgique, le terme “analphabètes” inclut aussi les illettrés.

 
Crédit photo : Mariska Forrest
 
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