D'hier à aujourd'huiLa psychanalyse à l'époque de Freud
A la fin du XIXe siècle, les idées de Freud suscitent beaucoup de méfiance. La psychanalyse paraît subversive : le rôle de la sexualité dans le développement psychique heurte les valeurs morales, la notion de déterminisme de l'inconscient n'est pas acceptée par les philosophes et les scientifiques, qui sont axés sur la maîtrise de la réalité par la conscience… En 1895, lorsque Freud - à travers le cas d'hystérie d'Anna O. - explique sa méthode thérapeutique, qui consiste à réactiver un traumatisme passé qui serait à l'origine de la maladie, il s'attire l'hostilité de la médecine officielle.
Malgré tout, à partir de 1903, la psychanalyse commence à faire de nombreux adeptes. Freud crée la Société psychologique du mercredi, qui réunit des élèves et des disciples. On compte parmi eux Alfred Adler, Paul Federn et Otto Rank. En 1907, Freud sort définitivement de son isolement puisque ses idées attirent des personnalités étrangères comme le suisse Carl Gustav Jung, le hongrois Sandor Ferenczi, l'allemand Karl Abraham ou l'américain Ernest Jones. Le groupe psychanalytique s'agrandit, faisant aussi surgir des dissensions. Freud fonde alors, en 1910, l'Association psychanalytique internationale (API) dans le but d'imposer des normes dans la pratique de la psychanalyse. Cette association est une référence, aujourd'hui encore. Pendant la Première Guerre mondiale, des sociétés psychanalytiques apparaissent en Amérique, en Espagne, aux Pays-Bas. En France, Marie Bonaparte - fervente adepte et amie de Freud - est une pionnière de la discipline. Elle joue un rôle d'intermédiaire entre Freud et les psychanalystes parisiens. En 1926, elle crée avec René Laforgue la Société psychanalytique de Paris (SPP). En 1930, Freud reçoit le prix Goethe. Son travail est enfin reconnu en Allemagne.
Certains disciples s'éloignent de Freud et élaborent leurs propres théories. Alfred Adler est le premier à prendre ses distances, en 1911, fondant ainsi la psychologie individuelle. |
La psychanalyse après Freud
Le régime nazi la condamne et la supprime. En France, en 1949, le Parti communiste commence sa campagne contre cette discipline. En 1952, l'Eglise manifeste également sa méfiance envers la psychanalyse, qui serait issue d'un terrain athée. Dans un discours, Pie XII insiste sur le fait que les processus psychiques ne sont pas l'âme, et que l'association libre ne doit pas se substituer à la confession. Encore aujourd'hui, certains reproches sont récurrents :
Parallèlement, différentes écoles voient le jour partout dans le monde. - En France, la psychanalyse s'intéresse essentiellement à l'étude des textes de Freud et à la métapsychologie (qui concerne les lois du psychisme). - En Grande-Bretagne, les spécialistes se concentrent surtout sur la relation d'objet (relation enfant/mère) et le fantasme. La présence de femmes et de non médecins a favorisé l'émergence d'une tradition axée sur la clinique et le traitement des enfants. - Aux Etats-Unis, les psychanalystes insistent, en général, sur l'adaptation, le Moi et ses rapports à la réalité. - En Amérique du sud, les écoles développent principalement une psychanalyse engagée, influencée par des post-freudiens comme Jacques Lacan ou Mélanie Klein.
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