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| Un « socle commun » peut-il rendre la société plus juste ? |
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| Quelle pédagogie ? |
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Une pédagogie différenciée |
Si on prend au sérieux l’idée d’un « socle commun », on accepte l’engagement de faire réussir tous les élèves.
Or, la leçon magistrale, adaptée à la situation où le maître avait affaire à des élèves sélectionnés en fonction de leurs dispositions supposées et d’une orientation dans des filières (combien ont déjoué ces pronostics !), n’est pas en mesure de répondre aux contraintes de groupes hétérogènes. Pour que tous progressent, il est nécessaire que le maître accepte les élèves tels qu’ils sont et non tels qu’il voudrait qu’ils soient pour que sa leçon « fonctionne » comme il le souhaite. Il devra alors centrer ses préoccupations sur ce que les élèves apprennent plutôt que sur l’obligation de faire tenir dans l’heure de cours le travail qu’il a préparé. Il faudra en particulier qu’il prenne en compte les façons dont les élèves se représentent les notions abordées, la variété des connaissances et des capacités mobilisables à un moment donné. Le but de la formation est alors de donner à chacun les moyens d’avoir une prise sur les objets d’étude et de vaincre les difficultés qu’il rencontre.
Cela exige des dispositifs pédagogiques diversifiés qui permettent de moduler le temps, les tâches et les groupes en fonction des circonstances et des possibilités effectives qu’ont les élèves d’apprendre ce qu’ils ne connaissent pas encore. Ainsi peuvent se développer des travaux en autonomie, des travaux de groupes, à côté des moments où le maître s’adresse à la classe entière.
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Pour chaque séquence, les élèves travaillent donc en groupes sur des projets qu’ils ont élaborés. Nous déterminons ensemble d’abord les objectifs de fin de séquence, les compétences à acquérir. Chaque groupe dispose alors d’une fiche-projet qui l’aide à définir ce qu’il a l’intention de réaliser, les critères de réussite qu’il se fixe, les moyens qu’il mettra en œuvre pour atteindre ses objectifs, le temps qu’il se donnera pour chaque tâche, le matériel dont il aura besoin, etc. À cette fiche-projet vient s’ajouter un planning de travail que les élèves remplissent à chaque fin de séance, et qui me permet de contrôler l’avancée des travaux et donc de réguler les apprentissages. À intervalles réguliers, les élèves présentent au groupe classe l’avancée de leur projet, et en fin de séquence une présentation en est faite.
Nathalie Prat 439 « La pédagogie différenciée pour des objectifs communs » Cahiers pédagogiques N° 439, janvier 2006, « Quel socle commun ? »
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