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| Un « socle commun » peut-il rendre la société plus juste ? |
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| Les limites d’une belle idée |
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Connaissances et compétences |
On pourrait dire que les savoirs que nous possédons sont ceux dont nous nous servons. Les autres, appris il y a peu ou il y a longtemps, ont besoin d’être réactivés pour revenir à la mémoire, ils ont besoin d’être utilisés pour demeurer mobilisables.
Dans la perspective d’un « socle commun », il faut donc se demander, comme le pensait Pierre Bourdieu, quels sont les savoirs actifs qui font que nous appartenons à la société dans laquelle nous vivons. Quels sont les repères historiques, culturels, sociologiques, économiques qui fondent cette société et qui nous permettent d’en comprendre les valeurs et le fonctionnement ? Quels sont les savoir-faire qui permettent de communiquer et d’agir dans cette société ?
Ces savoirs et ces savoir-faire peuvent être répertoriés et faire l’objet d’apprentissages spécifiques. On peut en vérifier l’acquisition : ce sont des connaissances. Ainsi on sera capable de situer la Révolution française ou d’expliquer les mécanismes de la reproduction.
Quand ces savoirs sont réinvestis dans une situation où l’on doit résoudre un problème ou mener à bien un projet complexe, ces connaissances se mettent au service de compétences. Ainsi on sera capable de faire le lien entre la « Déclaration des doits de l’homme » et la démocratie ou de comprendre les relations entre la contraception et la démographie.
Notons que l’orientation proposée dernièrement par le Haut conseil de l’éducation est clairement de penser le « socle commun » de manière à privilégier la construction de connaissances et de compétences et d’en vérifier l’acquisition.
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Pour le Haut conseil de l’éducation, il faut mettre l’accent sur la capacité des élèves à mobiliser leurs acquis dans des tâches et des situations complexes, à l’école et dans la vie :
« Le socle doit donc être pensé en termes de compétences. La notion de compétences figure déjà dans nos instructions officielles, en particulier pour l’enseignement des langues vivantes étrangères et le Brevet informatique et internet. Cette approche, qui se généralise parmi les pays développés, a été adoptée dans le projet de « cadre de référence européen » des huit « compétences-clés pour l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie », qui doit être prochainement soumis au Parlement européen et au Conseil de l’Union européenne. »
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Mais pour le Crap-Cahiers pédagogiques, à la lecture des Recommandations du Haut conseil de l’éducation pour le socle commun
« […] on a envie d’applaudir à une orientation générale allant bien plus dans le sens de nos vœux qu’on aurait pu le penser au départ, d’un autre, on constate combien il est difficile d’échapper à une logique de « socle fourre-tout » où les choix décisifs ont du mal à être faits. Et on tombe au final dans un patchwork peu cohérent. »
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2323
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