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| Un « socle commun » peut-il rendre la société plus juste ? |
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| Les limites d’une belle idée |
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Le « socle commun » et les disciplines scolaires |
Que le « socle commun » soit constitué de savoirs circonscrits ou situés dans des champs plus larges, tout le monde voit bien qu’on ne peut le déterminer à partir du découpage des disciplines enseignées à l’école. D’une part on aboutirait ainsi à la marginalisation des disciplines qui ne feraient pas partie du noyau dur des savoirs indispensables. Comment, par exemple, continuer à enseigner la musique ou la technologie si elles sont reléguées dans la catégorie des accessoires que Jules Ferry jugeait pourtant essentiels ?
D’autre part, les savoirs et savoir-faire que chacun est appelé à mobiliser pour résoudre les problèmes de l’existence, pour prendre une initiative, entreprendre une action, comprendre une situation, sont rarement des savoirs spécifiques. Nous nous servons plutôt pour cela de savoirs et de savoir-faire transversaux. Il est évident par exemple que la trilogie - lire, écrire, compter - ne concerne pas exclusivement les classes de français ou de mathématiques. Il faut certes avoir appris à déchiffrer un texte et être capable de le comprendre et de l’analyser, ce qu’enseignent l’instituteur puis le professeur de français. Mais il faut aussi être capable de « lire » une consigne, une image, un paysage. Il faut savoir autant tirer le message d’une poésie, d’un roman que d’un texte d’histoire, de sciences, de technologie, d’un article de journal, d’un mode d’emploi, etc.
Toutes les matières, à condition qu’on ne les enferme pas dans leurs spécificités, sont impliquées d’une manière ou d’une autre dans l’apprentissage de l’ensemble des savoirs et des savoir-faire. Aucune n’est dépositaire de façon exclusive d’un savoir fondamental.
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