| |
| Un « socle commun » peut-il rendre la société plus juste ? |
 |
| Les limites d’une belle idée |
 |
Quel contenu pour le « socle commun »? |
Il est clair que l’idée d’un « socle » conçu comme un « Smic culturel » ne contiendra pas la même chose qu’un « socle » compris comme un moment où s’initie une formation qui se poursuivra toute la vie. Dans le premier cas, les savoirs minimums seraient déterminés de manière précise au prix d’une concertation difficile entre les spécialistes de chaque domaine et de choix cornéliens entre des notions et des savoir-faire auxquels il faudrait donner la priorité sur tous les autres.
Dans le second cas, il s’agirait d’identifier des « champs de savoir » ou, pour reprendre l’expression de Condorcet, des « ordres de raisons », qui correspondraient aux grands domaines des activités humaines.
|
Les sept ordres de
raisons
- la raison graphique et discursive, qui vise la maîtrise
et l’exercice des différentes pratiques
langagières, orales et écrites, des genres
et des fonctions du discours, en langues maternelles
et étrangères ;
- la raison mathématique ;
- la raison scientifique expérimentale (sciences
de la matière et sciences du vivant) ;
- la raison « sociale » propre aux domaines
des sciences de l’homme et de la société
;
- la raison technique et technologique, liée
aux arts et aux manières de fabriquer et de transformer
la réalité matérielle ;
- la raison esthétique ou artistique, qui s’exerce
dans les domaines de la littérature, des arts
plastiques, de la musique... ;
- la raison « sportive » et corporelle,
propre aux différentes techniques du corps, à
sa mise en jeu, voire en risque, dans notre rapport
au monde physique, à autrui et à nous-mêmes.
Jean-Yves Rochex : « Conjuguer
ambition de culture et ambition de justice sociale »
Cahiers pédagogiques N° 439, janvier
2006, « Quel socle commun ? »
|
|
|
|