Un « socle commun » peut-il rendre la société plus juste ?
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Le socle commun : une idée qui ne date pas d’aujourd’hui
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Un choix politique

On voit que la question du « socle commun » est au moins aussi ancienne que l’école obligatoire. Depuis longtemps également, cette question se pose aux praticiens d’une part sous l’angle des programmes qui sont imposés dès l’école primaire et le collège – et qui représentent ce que l’institution et, à travers elle, la société, demande d’enseigner – et d’autre part sous l’angle de ce que chaque enseignant estime incontournable à l’intérieur des contenus et de la pédagogie de sa discipline, dans la mesure où il peut opérer des choix.

Cependant, il y a une grande différence entre ce qui constitue un programme d’études hérité de l’enthousiasme du Siècle des lumières et dont l’horizon se situe dans l’idéal d’une connaissance universelle de plus en plus inaccessible (Pic de La Mirandole, au XVIe siècle, fut sans doute le dernier "homme qui savait tout") –, et un ensemble de connaissances de bases que l’école s’engage à transmettre à tous les jeunes quel que soit le niveau qu’ils atteignent dans leur cursus scolaire.

Prendre la question sous l’angle de ce qui doit constituer le « socle » des connaissances communes à tous contraint le monde de l’école à passer d’une posture encyclopédique à une réflexion éminemment politique en ce qu’elle considère les savoirs partagés et les savoirs spécialisés du point de vue de leur incidence sur la vie de la cité.

Or les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions d’une école démocratique : l’école ne parvient pas à empêcher que 15 à 20 % de ses élèves se trouvent en situation d’échec à l’issue de leur scolarité tandis que les meilleurs accèdent aux études supérieures.

Il s’agirait donc de faire en sorte que les connaissances et les compétences contenues dans ce « socle » soient conçues comme autre chose qu’une préparation à des études supérieures où elles trouveraient leur sens.

Il faut remettre les choses à l’endroit : le système éducatif ne doit pas être construit en fonction du haut de la pyramide, mais sur le « socle » de savoirs communs que tous doivent acquérir pour bien vivre dans la société future.

Les différents partenaires du monde éducatif pourront, une fois encore, refuser l’idée de demander à l’école de garantir un savoir minimum de base, ou une culture commune… Les 20 % de jeunes qui sortent du système scolaire sans aucune qualification continueront, eux, à refuser de se reconnaître dans ce système qui les a exclus.

Picto livre On retrouve l’expression du grand écart entre le système scolaire et les laissés pour compte dans les paroles de la chanteuse rap Diam’s

Y a comme un goût de haine quand je marche dans ma ville
Y a comme un goût de gêne quand je parle de ma vie
Y a comme un goût d’aigreur chez les jeunes de l’an deux-mille
[…]
Alors ouais on déconne, ouais ouais, on étonne, nan nan
C’est pas l’école qui nous a dicté nos codes, nan nan
Génération nan nan

Diam’s - « La boulette, génération nan nan »

      
      
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L'école enfin expliquée aux parents (et aux autres)


Ce dossier, revu et augmenté, constitue un chapitre de L'École enfin expliquée aux parents (et aux autres) publié aux éditions Stock en partenariat avec Curiosphere.tv


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