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| Un « socle commun » peut-il rendre la société plus juste ? |
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| Le socle commun : une idée qui ne date pas d’aujourd’hui |
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De la loi Guizot à Jules Ferry |
L'idée d'un socle de savoirs partagés par tous est née de la nécessité de donner à la nation une cohésion telle que tous les citoyens partagent le même langage, le même système de références et unissent leurs efforts dans la poursuite d'un projet commun.
La loi Guizot (1833) déclare : « L'instruction primaire et élémentaire comprend nécessairement l'instruction morale et religieuse, la lecture, l'écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures ». Il s'agit d'inculquer aux écoliers ces « enseignements qui doivent être universels pour que le langage uniforme des lois soit partout compris, et pour resserrer de jour en jour davantage les liens qui unissent déjà toutes les parties de la population, et augmenter même cette admirable unité française qui est notre gloire et notre force ».
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Le champ de l’école primaire s’élargira progressivement, d’abord de façon facultative avec la loi Falloux (1850) qui prévoit en dernière année : « l’arithmétique appliquée aux opérations pratiques, les éléments de l’histoire et de la géographie, des notions des sciences physiques et de l’histoire naturelle applicables aux usages de la vie, des instructions élémentaires sur l’agriculture, l’industrie et l’hygiène, l’arpentage, le nivellement, le dessin linéaire, le chant et la gymnastique » et avec Victor Duruy qui ajoute en 1865 le dessin, des éléments de géométrie, des langues vivantes et la tenue des livres. On aura remarqué la tendance utilitaire de certains de ces ajouts. Duruy inclut en 1867, à titre obligatoire cette fois, l’histoire et la géographie de la France. En 1880, ce sera, dans les écoles de garçons (comme dans les lycées et collèges depuis 1869) la gymnastique.
Jacques George «Quoi de nouveau depuis Sumer»
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À ces savoirs pratiques et utilitaires, Jules Ferry, à partir des années 1880, ajoute les leçons de choses, l’enseignement du dessin, les notions d’histoire naturelle, les musées scolaires (1), la gymnastique, les promenades scolaires, le travail manuel, la musique chorale.
On pourrait s’étonner de voir le père de l’instruction obligatoire s’écarter des exigences cardinales du « lire écrire, compter », telles que la tradition de l’école républicaine en a figé l’image, pour recommander des activités considérées comme « accessoires ». C’est que Jules Ferry, contrairement aux simplifications largement répandues, entendait que l’école dispense non des rudiments de connaissances à l’usage du « simple peuple » mais les éléments premiers d’un savoir émancipateur.
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« Pourquoi tous ces accessoires ? Parce qu’ils sont à nos yeux le principal ; parce qu’en eux réside la vertu éducative, parce que ces accessoires feront de l’école primaire, de l’école du moindre hameau, du plus humble village, une école d’éducation libérale. Oui, il est possible qu’au bout d’un an ou deux nos petits enfants soient un peu moins familiers avec certaines difficultés de la lecture ; seulement, entre eux et les autres, il y a cette différence : c’est que ceux qui sont forts sur le mécanisme ne comprennent rien à ce qu’ils disent, tandis que les nôtres comprennent ».
Cité par Claude Lelièvre dans l’article « Ce qu’en pensait vraiment Jules Ferry », Cahiers pédagogiques N° 439, janvier 2006, «Quel socle commun ?» et par Jacques George
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(1)Herbier, collection d'insectes, reptiles dans l'alcool, animaux empaillés, etc. Plus tard Célestin Freinet incitera les élèves à apporter eux-mêmes les objets qu’ils estiment dignes d’intérêt, d’étude et de manipulation.
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