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Pour retrouver l’origine de
cette pré-école, il faut remonter aux années
70, période durant laquelle le père Joseph Wresinski,
curé dans les paroisses ouvrières et rurales, rejoint
un camp de sans-logis à Noisy-le-Grand. Il y crée une
association, devenue “Aide à
toute détresse” (ATD)
et propose un jardin d’enfants et une bibliothèque pour
que ces personnes retrouvent une dignité, sans dépendre
des autres. Il met également en place un atelier pour les jeunes
et les adultes, une laverie, un salon d’esthétique…
Une atmosphère communautaire qui caractérise la cité
de promotion familiale de Noisy depuis plus de trente ans. Ces personnes
y vivent provisoirement avant de trouver un logement plus spacieux,
à Noisy ou dans la région parisienne.
Et c’est notamment à la pré-école communautaire
que les parents se retrouvent deux fois par semaine, le mardi et
le jeudi matin. Tables à dessiner, dînettes, peintures,
lecture, coin gym et relaxation avec des immenses tapis de sol,
musique... Tout est fait pour que l’enfant puisse aller d’un
jeu à un autre de manière autonome, sans règles
préétablies. Trois personnes les encadrent bénévolement
: Christine, responsable, Amandine, animatrice du lieu, et enfin
Guylène, « alliée » au sein d’ATD.
« C’est un temps pour que les parents et leurs enfants
se retrouvent ensemble, explique Christine Geroudet. On
essaie de travailler au maximum la relation parent/enfant car ces
personnes n’ont pas toujours le temps de le faire à
la maison. La plupart n’ont pas des vies faciles et c’est
ici l’occasion de se concentrer tranquillement sur l’enfant
car ils veulent le meilleur pour leurs petits. » Mais
c’est aussi l’occasion de parler entre parents, de la
vie de tous les jours, d’échanger, de s’ouvrir,
de se vider la tête des problèmes, tout en restant
au milieu des enfants sans les laisser jouer seuls de leur côté.
Jordan va avoir deux ans en mars, il vient à la pré-école
depuis qu’il a un an. Il est ici comme chez lui malgré
son jeune âge. Ses yeux pétillent, on sent tout de
suite qu’il est heureux d’être là au milieu
des autres enfants de son âge, en pouvant faire toutes les
activités qu’il souhaite. Sa maman n’est jamais
très loin, prête à l’aider pour un dessin
ou des jeux de construction. « J’essaie de venir
le plus souvent possible car c’est un moment très important
pour lui, comme pour moi d’ailleurs, raconte Sabrina,
maman du petit Jordan. Il a besoin de se mélanger aux
enfants de son âge pour l’aider à s’éveiller
pleinement, il se défoule, parle, ça change du quotidien
de la maison où il est tout seul pour jouer. » Virginie,
elle, maman de trois petits garçons Ryan, Yann et le nouveau-né
Yanis, y vient depuis un an. « Ils parlent plus depuis
que nous venons ici car ils sont plus amenés à discuter
avec les autres enfants, sans se préoccuper de ma présence.
Ryan a découvert le puzzle ici et depuis il ne joue qu’à
ça. Je viens même avec le tout petit de 1 mois pour
qu’il s’habitue. »
L’autonomie est donc le maître mot de cette pré-école,
ils ne sont pas prêts à ce qu’un adulte leur
dise ce qu’il faut faire. Il leur faut cette liberté
pour accéder au milieu plus scolaire que représente
la maternelle. Il leur faut cette liberté pour accéder
au milieu plus scolaire que représente la maternelle. «
Et c’est tellement mieux pour l’enfant de faire les
différentes activités près de son papa ou de
sa maman, ajoute Christine Geroudet, de sentir qu’ils
le regardent évoluer, ça fait grandir. »
À chaque fin de matinée, pour immortaliser ces moments
partagés, les parents écrivent un carnet de bord appelé
“album de développement”. « On écrit
ensemble en reparlant des activités que l’on a faites
pendant la matinée mais les parents sont libres de l’emmener
chez eux, explique Christine Geroudet. C’est toujours
intéressant pour eux de revenir sur les dessins, les collages,
les peintures, et ça aide les parents à revenir sur
cette attention. » Et pour compléter les matinées
à la pré-école, Christine se rend chez les
parents de la cité de promotion familiale régulièrement
afin d’établir un contact permanent. |